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Normes IFRS® de comptabilité

IFRS 18 – Difficultés et attentes

Dans le but de favoriser l’accessibilité de nos webinaires, nous tenons à en fournir une transcription qui se veut fidèle aux propos tenus. Veuillez noter qu’il peut cependant y avoir des cas où il nous est impossible de saisir ce que dit l’intervenante ou l’intervenant. Si vous avez des questions ou des commentaires au sujet de la transcription, n’hésitez pas à communiquer avec nous à l’adresse [email protected].

Armand Capisciolto :

D’accord. Je suppose que cette réunion est enregistrée et que nous pouvons commencer.

Bienvenue à tous! À ceux d’entre vous qui sont ici en personne, ainsi qu’aux nombreuses personnes qui se joignent à nous virtuellement aujourd’hui, je vous souhaite la bienvenue. Je m’appelle Armand Capisciolto. Je suis président du Conseil des normes comptables. Dans ce rôle, j’ai l’occasion de discuter et de raconter des histoires; le personnel me lancera des regards noirs, ou me fera comprendre que je parle trop. Mais j’ai effectivement une histoire à raconter aujourd’hui.

Dans le cadre de mon travail, j’ai l’occasion de voyager un peu et de parler de comptabilité. J’étais récemment en Italie, à une table ronde comme celle-ci. Après la table ronde, plusieurs personnes voulaient me parler. Et pourquoi voulaient-elles me parler? Je n’avais rien dit de particulièrement brillant. Pourquoi toutes ces personnes voulaient-elles me parler? Puis j’ai compris : c’est parce que mon nom de famille est très italien, et elles supposaient que je parlais italien. Ce qui n’est pas le cas. Et lorsque je voyais la déception dans leurs yeux – pas de la déception envers moi, mais de la déception à l’égard de mes parents : quel genre de parents italiens n’apprendraient pas à ce bel Italien à parler italien? – je leur expliquais ensuite que, même si je parlais italien, je parlerais un dialecte calabrais des années 1950. Il a depuis évolué vers quelque chose qui n’est compréhensible que dans la partie ouest de Sault Ste. Marie. [rires]

Et donc, vous vous demandez tous : quel rapport ça peut bien avoir avec IFRS 18? Le rapport avec IFRS 18, c’est que les IFRS constituent notre langue commune en matière d’information financière. Il existe toutefois certains dialectes dans les IFRS. Des dialectes régionaux. Des dialectes sectoriels. Et là où ces dialectes se manifestent réellement, c’est l’état du résultat global. Je crois qu’IFRS 18 réduira l’utilisation de certains de ces dialectes, ce qui est une bonne chose pour l’information financière, parce que ça nous rapproche d’un langage commun de l’information financière. C’est de cela que notre table ronde traitera aujourd’hui. Elle portera sur IFRS 18 et sur l’incidence que cette nouvelle norme aura sur la façon dont les autorités de réglementation, les préparateurs, les utilisateurs et les normalisateurs nous rapprochent les uns des autres sur le plan de l’information financière.

Nous aurons cette table ronde. Elle durera environ quarante-cinq minutes. Ensuite, nous vous laisserons un peu de temps pour une période de questions.

Notre animateur aujourd’hui est Andrew White. Andrew est directeur associé au Conseil des normes comptables. Nous avons ensuite Hagit Keren, membre de l’IASB; Howard Leung, analyste financier chez Fiera Capital et aussi membre du Conseil des normes comptables du Canada; Gary Hum, vice-président de l’information financière chez Fairfax Financial, également membre du Conseil des normes comptables; et Brian Banderk, chef comptable à l’Alberta Securities Commission.

Sur ce, je cède la parole à Andrew.

Andrew White :

Merci, Armand. Je lui avais donné une limite de temps. Il ne l’a pas respectée, mais tout va bien.

Nous allons donc commencer avec Hagit. Je vais lui demander de situer le contexte pour tout le monde et de nous expliquer un peu plus en détail le problème qu’IFRS 18 visait à résoudre, particulièrement en ce qui concerne la façon dont la performance est présentée et comparée d’une entreprise à l’autre. Hagit.

Hagit Keren :

Avec plaisir. Bonjour à tous. Je suis très heureuse d’être ici avec vous aujourd’hui. IFRS 18 vient résoudre quelques problèmes que les investisseurs nous signalent depuis de nombreuses années. Parlons de trois d’entre eux, les principaux enjeux auxquels IFRS 18 vise à répondre. Le premier concerne la structure de l’état du résultat net. Les investisseurs nous disent depuis très longtemps qu’ils regardent l’état du résultat net et qu’ils y voient un résultat d’exploitation. Ils voient le résultat d’exploitation de nombreuses sociétés, mais ce terme ne signifie pas la même chose pour toutes ces sociétés. C’est donc l’un des premiers aspects que nous voulions régler avec IFRS 18 : donner une structure claire à l’état du résultat net. Nous savons qu’une structure commune signifie que tout le monde n’obtiendra pas exactement ce qu’il souhaite, mais nous savons que les investisseurs auront un point de départ cohérent. Ainsi, le résultat d’exploitation signifie la même chose pour tout le monde. Et, bien entendu, la structure comprend aussi toutes les catégories. Il s’agit donc d’un élément très fondamental d’IFRS 18, et je crois que c’est là que nous produisons l’effet le plus important.

Le deuxième volet qu’IFRS 18 cherchait à régler concerne le regroupement et la ventilation, autrement dit le niveau d’information. Ici aussi, les investisseurs nous ont dit différentes choses. Certains disaient : « L’information est parfois tellement regroupée qu’elle porte l’appellation “Autres”. Nous ne savons pas ce qui s’y trouve. » Et parfois, ils disent : « L’information est parfois trop ventilée. Nous perdons de vue les éléments importants ». Il fallait donc apporter des éclaircissements sur la façon de regrouper et de ventiler l’information. Il faut examiner les caractéristiques de ce qu’on cherche à regrouper ou à ventiler. Il faut fournir des appellations plus significatives. Cela ne signifie pas que le poste « Autres » disparaîtra complètement, mais nous nous attendons à ce que les sociétés fassent un effort supplémentaire pour expliquer ce qu’il contient. C’est le deuxième pilier.

Le troisième pilier de ce qu’IFRS 18 tente d’introduire concerne ce qu’on appelle les mesures de performance définies par la direction, les MPD, soit les indicateurs clés de performance. Nous le savons, et les investisseurs nous l’ont dit : « Nous aimons beaucoup ces informations qui se trouvent souvent hors des états financiers – tous ces indicateurs clés de performance, ces mesures de la performance définies par la direction. Elles sont très intéressantes; elles racontent une histoire. Nous ne voulons pas perdre cette histoire. Mais notre problème, c’est que l’histoire que nous entendons change parfois d’une année à l’autre. Nous ne savons pas exactement quelles sont les règles du jeu. Font-ils la même chose? Les sociétés semblables n’utilisent-elles pas les mêmes indicateurs clés de performance? Y a-t-il une façon  de comprendre la différence? » Je crois que ce que nous essayons de faire ici, c’est de dire : si une société utilise ces indicateurs à l’extérieur des états financiers, aidons les investisseurs à comprendre ce qui se passe. Relions cette information à ce qui se trouve dans les états financiers et expliquons aux investisseurs ce qu’ils voient. S’ils peuvent voir comment leurs indicateurs se rattachent à l’information contenue dans les états financiers, ils peuvent faire leurs propres ajustements et évaluer la cohérence dans le temps; ils disposent donc d’une meilleure information. Il ne s’agit pas d’avoir plus ou moins d’indicateurs clés de performance. Il s’agit plutôt de savoir si, comme société, vous estimez que ces mesures sont utiles et que vous souhaitez les fournir, voici les règles du jeu qui aideront vos investisseurs à tirer le meilleur parti de vos indicateurs clés de performance.

Je crois donc avoir répondu à votre question.

Andrew White :

Excellent! Et mes excuses à toutes les personnes en ligne. Je sais que vous ne voyiez que l’écran titre pendant un moment. D’après les commentaires, je comprends que vous voyez maintenant les conférenciers également. C’est donc une excellente nouvelle.

Vous avez mentionné les investisseurs, et l’un des objectifs était d’améliorer l’information à leur intention. Howard, je me tourne vers vous : avec IFRS 18 à l’horizon, qu’avez-vous hâte de recevoir, comme investisseur?

Howard Leung :

Oui. Il y a donc beaucoup d’excellents changements qui s’en viennent avec IFRS 18. Hagit les a mentionnés. Et, peut-être comme passionné de comptabilité, je vais m’attarder à ceux qui m’enthousiasment particulièrement.

Donc, le regroupement, ce regroupement sans fin des charges. L’un des éléments est le classement des charges par nature, par fonction, ou les deux. Souvent, lorsque j’examine les états des résultats, je ne peux même pas voir le montant des charges de rémunération qu’une société verse à ses employés. Et maintenant, cette information sera obligatoire, même lorsque les charges sont présentées par fonction.

Je crois donc que c’est un excellent changement, parce que certaines des données que nous examinons — par exemple, les produits par employé — sont vraiment importantes pour certaines des sociétés que nous couvrons, et nous pourrons maintenant voir cette information.

Et certaines de ces autres charges seront également ventilées, comme la dotation aux amortissements. Il ne sera plus nécessaire de parcourir l’état des flux de trésorerie pour la trouver, et parfois elle était regroupée avec d’autres éléments. Une plus grande uniformité, à mon avis, est vraiment une excellente chose.

Et, bien sûr, la séparation des catégories – exploitation, investissement et financement. Je crois assurément qu’il est utile que le résultat d’exploitation soit cohérent, surtout entre sociétés du même secteur. Je sais qu’au début, il y aura probablement une période d’ajustement. Mais particulièrement au Canada, où la participation des secteurs est solide et où il y a une rétroaction des investisseurs, je pense que nous en arriverons à un point où les secteurs présenteront le résultat d’exploitation de manière assez cohérente. Voilà quelques-uns des changements. Et je sais que nous parlerons plus tard des mesures non conformes aux PCGR et des MPD, mais au Canada, nous avons un bon cadre à cet égard, et je crois que cela ne fera que l’améliorer.

Andrew White :

Parfait! Merci, Howard.

Je regarde du côté de Marta. Je crois que certaines personnes ont encore de la difficulté à voir le présentateur, alors je vais vous laisser régler cela. Sinon, vous pouvez profiter de notre conversation pour le moment, pendant que nous corrigeons la situation.

Je vais maintenant me tourner vers Gary, question d’avoir le point de vue d’un préparateur.

Nous avons entendu Hagit nous expliquer ce qu’ils cherchent à accomplir. Nous avons entendu Howard nous dire ce qu’ils aimeraient voir. De votre point de vue, Gary, ces attentes sont-elles réalisables? Et quels sont certains des défis auxquels vous faites face actuellement, comme préparateur, dans l’adoption d’IFRS 18?

Gary Hum :

D’abord, je crois que les objectifs sont réalisables – la cohérence, la comparabilité –, mais ce ne sera pas un objectif facile à atteindre. D’après notre expérience, ou celle des sociétés canadiennes de façon plus générale, avec les normes récentes IFRS 15, 16 et 17, il faut du temps, et il faut que toutes les parties prenantes participent. Selon notre expérience, il faut avoir des discussions. Il faut engager tôt des discussions avec toutes ces parties prenantes, parce que c’est ainsi qu’on favorise la cohérence dans l’application.

Nous avons constaté que le fait de travailler avec des groupes sectoriels, de parler aux cabinets comptables, d’obtenir différents points de vue et de discuter avec les normalisateurs et les autorités de réglementation, c’est ce qui permet réellement d’y arriver.

Je crois que nous y arriverons, mais ça prendra du temps. Quant aux défis, il y en a plusieurs que je veux souligner. Le plus important, et le plus global, est le temps nécessaire pour mettre en œuvre une nouvelle norme. Je pense que celle-ci, en particulier, comporte de multiples éléments. Il faut d’abord modifier le format de l’état du résultat net. Et lorsqu’on fait ça, il y a des effets d’entraînement, parce que le plan comptable et les processus qui sous-tendent l’état du résultat net devront aussi changer. À cela s’ajoute le fait que les règles de regroupement et de ventilation ont maintenant également changé quelque peu, et qu’elles doivent suivre le nouveau format de l’état du résultat net. Ainsi, alors qu’auparavant vous aviez peut-être déjà de très bonnes informations fournies dans les notes, celles-ci pourraient ne pas correspondre parfaitement au nouveau format. Il faudra donc revenir en arrière et remanier tout cela. Et, encore une fois, cela suppose aussi de modifier les processus et systèmes sous-jacents et de s’assurer qu’on dispose des bonnes données.

Le deuxième défi que je vois concerne les MPD. Pas tant le fait que nous devions nécessairement les fournir, parce que nous avons au Canada un système robuste pour les mesures non conformes aux PCGR, comme Howard l’a mentionné, mais davantage parce qu’il y a beaucoup de jugement à exercer pour appliquer les indications à l’heure actuelle. Il semble y avoir beaucoup de discussions autour de la définition des MPD, de ce qui entre dans la portée et de ce qui en est exclu. Il est important de suivre les discussions que l’IFRIC a eues sur ces sujets, ainsi que les indications publiées par les cabinets comptables, afin de déterminer où vous vous situez.

Le troisième élément est la question des systèmes et des données, à laquelle j’ai fait allusion plus tôt. Lorsqu’on veut mettre en place tous ces changements, il faut beaucoup de temps pour modifier les grands livres et les différents systèmes. En plus, même si vous aviez déjà des systèmes en place pour effectuer les rapprochements relatifs aux mesures non conformes aux PCGR, ceux-ci pouvaient être très généraux. Ils pouvaient reposer sur des estimations. Il n’y avait pas d’indications précises sur la façon de le faire. Maintenant, il faut que ce soit à un niveau qui permette de les produire régulièrement, et il faut que ce soit vérifiable. Ça pourrait donc poser des défis ou entraîner du travail supplémentaire pour les sociétés qui avaient adopté une approche plus légère dans la préparation de ces rapprochements.

Enfin, un élément lié à ça, c’est que vos contrôles et procédures de communication de l’information, ainsi que votre contrôle interne à l’égard de l’information financière, seront touchés lorsque vous commencerez à modifier les notes aux états financiers et les systèmes et processus utilisés pour les alimenter. Vous devrez aussi revoir votre documentation, modifier peut-être certains contrôles en place, en ajuster d’autres, et mettre en place un contrôle sur la mise en œuvre d’IFRS 18 elle-même, en plus de vous assurer que vos contrôles courants couvrent adéquatement la note sur les MPD ainsi que tout autre changement apporté.

Voilà, je crois, trois éléments importants que les préparateurs doivent prendre en considération.

Andrew White :

C’est très utile! Merci, Gary. Plusieurs de facteurs en jeu. Je crois donc qu’il pourrait y avoir beaucoup de travail à venir, selon la nature, la taille et la complexité de l’entité.

Et chaque fois que j’entends parler de l’ampleur du travail, je pense aux obstacles que nous devrons franchir pour y arriver.

Hagit, je reviens à vous. Lors de l’élaboration d’IFRS 18, ces obstacles étaient-ils prévus? Y a-t-il des leçons tirées jusqu’à maintenant, ou peut-être certaines surprises? Je sais que de nombreuses questions ont été soumises à l’IFRIC concernant l’application d’IFRS 18, mais j’aimerais connaître votre point de vue : est-ce conforme à ce que vous attendiez d’une norme fondée sur des principes comme IFRS 18?

Hagit Keren :

Oui, merci. Je pense que nous n’avons jamais considéré la norme comme une simple norme de présentation, de simples informations à fournir, une solution rapide, et voilà. Je crois que nous avons toujours pris très au sérieux les répercussions pour les sociétés. Et je pense que, comme Gary l’a expliqué, nous savions dès le départ que, pour certaines, voire de nombreuses sociétés, cela se répercuterait jusqu’au plan comptable. C’est une zone sensible pour beaucoup de sociétés, et il faut y porter une attention particulière. C’est pourquoi la première chose que nous avons faite en réfléchissant à IFRS 18 et à la transition a été de prévoir une période de transition prolongée. Habituellement, nous accordons entre 12 et 18 mois. Ici, nous avons accordé plus de deux ans, deux ans et demi, je crois. C’était donc seulement la première étape pour nous assurer que les sociétés disposent d’assez de temps.

Lorsque nous avons publié la norme, nous savions qu’il pourrait y avoir des malentendus. Il faut du temps pour lire les mots, pour les assimiler. Nous avons donc accompagné la publication de nombreux webinaires et de nombreuses tournées de présentation pour nous assurer que les gens comprennent. De plus, comme vous l’avez mentionné, nous avons mis à contribution notre Comité d’interprétation disponible pour traiter les questions pratiques. Habituellement, il traite ces questions lorsqu’il existe une diversité dans la pratique. Mais pour IFRS 18, on ne peut pas vraiment démontrer une diversité dans la pratique. Personne ne l’a encore mise en œuvre. Nous avons donc, dans une certaine mesure, raccourci le processus et dit : « Si vous avez une question, s’il y a un risque de divergences, soumettez-la. Nous suivrons un processus plus rapide et la porterons devant le Comité d’interprétation, pour discuter et voir si la réponse se trouve dans le texte. » Nous avons déjà discuté de nombreuses questions, et nous avons également une réunion en juin où il y aura d’autres questions sur IFRS 18. Je pense donc que nous sommes préparés et donc prêts à répondre d’autres besoins d’ordre pratique sont soulevés. Mais nous savons que ça prend du temps. Et chaque fois que nous en avons l’occasion, comme aujourd’hui, nous disons que, si le travail n’est pas encore commencé, il fallait commencer hier. Ce n’est pas une norme qu’il faut prendre à la légère. Ça ne veut pas dire qu’elle est extrêmement complexe. J’en connais des plus complexes. Mais ça signifie qu’il ne faut pas supposer qu’elle est très simple uniquement parce qu’elle porte sur la présentation et les informations à fournir.

Andrew White :

Parfait!

C’est une excellente transition vers Brian, notre représentant des autorités de réglementation. En regardant vers 2027, que voyez-vous ou qu’entendez-vous sur le marché? Le niveau de préparation vous préoccupe-t-il? Et, de votre point de vue, le niveau d’adoption ou de préparation varie-t-il selon la taille de l’entité?

Brian Banderk :

Oui, bonne question. Merci. Je suis en fait très impressionné et fier du niveau de leadership intellectuel que nous avons ici au Canada dans le domaine comptable. Et quand je parle de leadership intellectuel en comptabilité, je parle des préparateurs, des normalisateurs, des autorités de réglementation, des auditeurs – tout le monde se retrousse les manches pour se pencher sur certains des enjeux difficiles liés à cette norme.

Petit exemple : si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’écouter les discussions du Groupe de discussion sur les IFRS, je vous encourage à le faire. Je dirais toutefois – et ça ne surprendra probablement personne dans cette salle – que nos marchés financiers comptent beaucoup de petits émetteurs, en plus des grands. Et je crois que les pratiques passées se répètent cette fois-ci : nous voyons ou entendons que les grands émetteurs s’y plongent. Les plus petits attendent un peu, ou plusieurs attendent de voir comment les choses se stabiliseront. C’est une stratégie compréhensible, compte tenu de l’ampleur des discussions en cours, mais il est temps de se retrousser les manches et de se lancer.

Andrew White :

Merci, Brian.

Comme vous pouvez le constater, la technologie ne se limite pas à notre caméra. Nos micros meurent lentement. [rires] Il nous en reste deux. Nous avons commencé avec quatre. Nous croisons les doigts pour qu’il nous en reste un à la fin. Sinon, nous trouverons une façon intéressante de communiquer avec vous.

Très bien, approfondissons un peu un sujet qui est cher aux Canadiens et qui a été abordé à quelques reprises par le Groupe de discussion sur les IFRS. Il y a eu des questions soumises à l’IFRIC, et je sais que Brian tient à parler de ce sujet. Examinons donc plus en détail les mesures de performance définies par la direction, les MPD, qui constitueront une partie Importante de notre communication et l’un des objectifs des améliorations apportées par IFRS 18. Concentrons-nous donc un peu là-dessus.

Brian, les MPD ont beaucoup attiré l’attention, particulièrement en raison du transfert de cette information dans les états financiers audités. À titre d’autorité de réglementation canadienne, et sachant que cela devrait apparaître dans les premiers rapports intermédiaires, que constatez-vous et qu’attendez-vous avec intérêt?

Ce micro est mort aussi? Parfait.

Brian Banderk :

J’ai le cimetière des micros ici à côté de moi.

D’accord, les MPD. Oui, d’abord, je pense que – encore une fois, j’ai l’impression de me vanter beaucoup du Canada, mais je vais le faire encore – il y a de quoi être fier, car l’IASB s’est réellement inspirée du cadre que nous avons dans le Règlement 52-112. Beaucoup d’exigences sont très semblables, voire presque identiques, et je crois que c’est un beau compliment pour nous. Ce n’était pas un règlement facile à rédiger, mais, dans ses fondements, il semble bien fonctionner. Je trouve cela excellent.

En ce qui concerne nos attentes, je dirais qu’en tant qu’Autorités canadiennes en valeurs mobilières, elles n’ont pas changé. Nous considérons toujours les MPD comme faisant partie des mesures non conformes aux PCGR. Ainsi, tout ce que nous vous demandions auparavant de faire à l’égard des mesures non conformes aux PCGR continue de s’appliquer aux MPD. Si nous regardons la façon dont nous avons rédigé nos modifications au Règlement 52-112, c’est justement pour refléter ça. Nous clarifions essentiellement dans notre définition que, même si les MPD se trouvent dans les états financiers, elles demeurent des mesures non conformes aux PCGR, et nous voulons que vous continuiez à faire ce que vous faisiez auparavant. Espérons donc que toutes ces bonnes habitudes et pratiques que nous avons développées se poursuivront et se transposeront dans ces mesures.

Un des éléments que nous ne voulions pas imposer était la communication d’informations redondantes. Nous nous dirigeons donc vers une approche qui permet, comme option, certains renvois, de sorte que vous n’ayez pas à répéter les informations. Ce projet de modifications suit son cours. Bon nombre d’entre vous ont d’ailleurs probablement vu qu’elles ont été publiées pour commentaires. Nous avons analysé les lettres de commentaires. Comme autorité des valeurs mobilières, nous sommes en voie de poursuivre le processus, et nous devrions, espérons-le, publier ces modifications cet automne. Elles entreront en vigueur avant la date d’entrée en vigueur de la norme.

Un autre aspect que nous surveillons, d’un point de vue réglementaire, est l’écart par rapport aux attentes. Lorsque je parle d’écart par rapport aux attentes, c’est-à-dire comment les utilisateurs vont interpréter ce chiffre, qui se trouve dans les états financiers. Parce qu’il est audité. Est-ce un chiffre audité? Nous entrons donc dans une zone intéressante. Si on y pense, il est difficile pour les auditeurs, et probablement non requis selon les normes, de dire que c’est une bonne mesure. Ils regardent s’il y a des aspects dans le cadre établi par IFRS 18 qui permettent de dire : est-ce que la mesure est trompeuse? Ils peuvent auditer selon ce cadre, mais ils ne peuvent pas dire si c’est une bonne mesure.

Ainsi, comme autorités de réglementation, nous continuons d’avoir des discussions avec les auditeurs pour comprendre exactement quelles procédures seront appliquées aux MPD dans les états financiers. Et nous voulons simplement continuer à prendre le pouls des utilisateurs pour nous assurer qu’ils n’accordent pas trop de poids à ces mesures simplement parce qu’elles figurent dans les états financiers audités.

Andrew White :

C’est une excellente transition, parce que nous avons justement un utilisateur assis ici avec nous. Howard, à la lumière de cette mise en contexte de Brian, qu’en pensez-vous? Le fait que ces mesures soient transférées dans les états financiers change-t-il le niveau de confiance ou d’importance que vous leur accordez, et ça change-t-il la façon dont vous les évaluez et les utilisez du point de vue d’un investisseur?

Howard Leung :

Bonne question. Et, bien sûr, je m’attends à ce que les auditeurs soient parfaits à 100 %. Non, je plaisante. Je sais qu’il existe différentes opinions à ce sujet, et je sais que c’est une conversation qui évolue entre les auditeurs, les préparateurs et, éventuellement, les utilisateurs. Mais je crois que, comme utilisateur, c’est ultimement l’investisseur qui décide si un ajustement est raisonnable. Et si la mesure se trouve maintenant dans les états financiers, ce que j’attends personnellement des auditeurs, c’est simplement qu’ils s’assurent que, si la société exclut des coûts de restructuration, le montant de ces coûts est bien le montant réel. La question de savoir si la société devrait ou non exclure ces coûts de restructuration relève vraiment de mon jugement. Je vais me demander : « Si ça fait partie du BAIIA ajusté, est-ce logique? Est-ce récurrent? » Ensuite, je peux revenir en arrière et voir combien de fois la société a inscrit des coûts de restructuration. Je suppose que cette part de jugement appliquée à la comptabilité devrait réellement revenir aux utilisateurs. Et c’est précisément pourquoi nous avons ce cadre qui prévoit un rapprochement pour les investisseurs, parce que je peux alors voir tous les ajustements et décider s’ils sont nécessaires ou non.

Je crois donc que, même s’il y aura un écart par rapport aux attentes – et nous l’avons vu dans d’autres projets de normes, comme avec celui sur les regroupements d’entreprises – et je comprends parfaitement pourquoi un investisseur pourrait avoir une inquiétude à cet égard, je parle plutôt du point de vue du passionné de comptabilité que je suis, mais je crois qu’en fin de compte, c’est à nous de décider si ces ajustements sont appropriés. Le rôle de l’auditeur est plutôt de s’assurer que les montants réels de chaque poste correspondent à ce qu’ils sont censés représenter.

Andrew White :

Donc, pour résumer, accordez-vous plus de poids au chiffre qui se trouve dans les états financiers, ou non? [rires]

Howard Leung :

C’est une bonne question. [rires] Je crois que nous sommes tous à faire l’apologie du Canada aujourd’hui. Mais c’est parce que notre cadre est tellement robuste. Et je viens d’un contexte où j’analyse des actions canadiennes à forte capitalisation. Il y a donc aussi peut-être un écart de maturité entre les grandes et les plus petites sociétés. Mais, de mon point de vue, comme nous avons déjà un excellent cadre, lorsque j’ouvre un communiqué de presse, je sais qu’il y aura déjà un rapprochement avec une mesure conforme aux PCGR, et que chaque mesure sera clairement définie. Dans mon esprit, il est bien que ces mesures soient maintenant auditées. Je sais que les montants réels sont peut-être représentatifs selon le travail de l’auditeur, mais je ne crois pas que cela les rendra deux fois plus fiables qu’auparavant, parce que, dans mon esprit, elles étaient déjà assez fiables.

Andrew White :

Parfait! J’ai maintenant quatre micros dans la main parce qu’ils ont de nouvelles piles. [rires] Je vais simplement les garder. C’est excellent, Howard, et désolé de vous avoir mis sur la sellette pendant un instant.

Hagit, en partant du point de vue de l’investisseur, l’IASB établit des normes à l’échelle mondiale. Elles doivent donc évidemment être applicables dans de nombreux territoires, et pas seulement au Canada, où nous avons un cadre robuste en valeurs mobilières. Quels changements de comportement l’IASB cherchait-il à entraîner en introduisant les MPD dans les états financiers audités?

Oui. Comme vous l’avez dit, nous sommes des normalisateurs mondiaux. Tout le monde n’a pas le même type de cadre. Et je pense que ça est évident. Par exemple, lorsque nous avons présenté la norme, après sa publication, dans certains autres pays, et que nous avons fait une tournée de présentation pour l’expliquer, je suis arrivée dans un pays où les entreprises n’utilisent jamais d’indicateurs clés de performance à l’extérieur des états financiers. Et la première question qu’on m’a posée était : quelles devraient être mes MPD? Que devrais-je inclure? Que devrais-je introduire? Je pense que ça répond à votre question. Notre intention n’était pas que les sociétés aient plus, ou moins, de MPD ou d’indicateurs clés de performance qu’aujourd’hui. Nous ne voulons ni encourager ni décourager leur utilisation. Nous voulons permettre aux sociétés qui considèrent les indicateurs clés de performance à l’extérieur des états financiers comme un bon outil pour expliquer leur histoire en détail, d’une façon qui permet aux investisseurs de comprendre ce qui se passe. Donc, s’il y a un changement de comportement, il ne porte pas sur l’utilisation de cet outil de communication ni sur le fait d’utiliser plus ou moins de nouveaux indicateurs clés de performance. Il porte plutôt sur ceci : si vous les utilisez, présentez-les dans une bonne structure et selon un bon ensemble d’exigences, afin que les investisseurs sachent quoi en faire. L’exemple que vous venez de donner concerne les différents ajustements que les sociétés font. Les investisseurs ne croient parfois pas que tous les ajustements sont appropriés; ils veulent refaire le calcul à leur façon. C’est pourquoi nous exigeons, pour chaque ajustement, de communiquer l’incidence sur les participations ne donnant pas le contrôle et l’incidence fiscale. Ce n’était pas le cas dans de nombreux pays, et c’est un élément que nous avons ajouté pour rendre l’information plus accessible.

Andrew White :

Parfait! Vous avez mentionné l’incidence sur les participations ne donnant pas le contrôle et l’incidence fiscale de ces ajustements. Je sais, Gary, qu’à titre de préparateur, cela peut faire partie des aspects difficiles. Il y en a peut-être d’autres. Comme plusieurs le savent, toutes les mesures non conformes aux PCGR ne sont pas des MPD. Certaines sont simplement des mesures non conformes aux PCGR et n’apparaîtraient pas dans les états financiers. De votre point de vue, Gary, y a-t-il des défis liés à l’interaction avec les MPD et à leur inclusion dans les états financiers? Cela change-t-il votre façon de communiquer de manière plus générale? Allez-vous changer votre façon de communiquer à l’externe parce que vous ne voulez pas nécessairement que ces mesures se retrouvent dans les états financiers audités? Je vous cède la parole.

Gary Hum :

Je pense que les MPD sont utiles pour d’autres pays. Pour nous, au Canada, je ne crois pas que nous étions le public visé. Donc, en bref, je ne pense pas que cela change du tout la façon dont nous, comme société par exemple, communiquerions avec le marché. Cela peut quand même soulever une préoccupation. En lien avec le point de Brian sur l’écart par rapport aux attentes, un investisseur qui consulte nos états financiers pourrait dire : « Il y a des MPD dans vos états financiers audités, puis vous avez toute une série d’autres mesures non conformes aux PCGR dans le rapport de gestion. Devrais-je me concentrer davantage sur les MPD? » Je pense toutefois qu’il est important de sensibiliser toutes les parties prenantes au fait que les MPD sont un sous-ensemble des mesures non conformes aux PCGR. Et, pour certains secteurs ou certaines sociétés, les MPD pourraient même ne pas être les mesures non conformes aux PCGR les plus importantes que vous utilisez pour évaluer votre performance ou la communiquer.

Je pense donc que la sensibilisation des investisseurs est vraiment importante ici, parce qu’il ne faut pas que les investisseurs comprennent mal l’objectif des MPD ni pourquoi seulement certaines d’entre elles se trouvent dans les états financiers. Il y a aussi de nombreuses autres mesures non conformes aux PCGR pour lesquelles vous continuez de fournir des rapprochements dans le rapport de gestion.

Cela dit, quelques autres éléments pourraient être utiles aux préparateurs lorsqu’ils examinent toute la mécanique de préparation des MPD et leur inclusion dans les états. C’est une bonne occasion de faire le point sur toutes vos mesures non conformes aux PCGR et de réfléchir aux processus que vous avez en place pour faire ces rapprochements. Encore une fois, si vous ne disposez pas de données et de systèmes robustes pour les soutenir, la discussion avec vos auditeurs devient beaucoup plus difficile en ce qui concerne les honoraires et l’étendue des travaux qu’ils devront effectuer pour être à l’aise avec vos rapprochements. Et vous ne voulez pas que ça devienne quelque chose qui se répète, parce que votre conseil ou d’autres organes de gouvernance examineront aussi vos MPD. Si vous devez bien faire les choses pour les MPD, autant bien faire toutes vos informations sur les mesures non conformes aux PCGR et appliquer un cadre cohérent à l’ensemble.

Plus précisément, voici une petite mise en garde aux préparateurs qui travailleront sur les rapprochements : vous pourriez avoir des mesures non conformes aux PCGR établies avant impôt et avant participations ne donnant pas le contrôle, que vous rapprochez d’une mesure avant impôt dans l’état du résultat net. Mais, selon les exigences, vous devez quand même fournir l’incidence fiscale et l’incidence sur les participations ne donnant pas le contrôle. Ça peut vraiment semer la confusion chez les utilisateurs des états financiers, parce que même à l’interne, nous avons débattu de ce que ça signifie exactement dans certains cas pour certains éléments inclus dans le rapprochement.

Je pense donc qu’il est crucial de communiquer des informations complètes l’année de l’adoption, et d’être capable d’expliquer l’objectif de tout cela. Il faut s’assurer que les utilisateurs comprennent que les MPD ne sont pas un concept entièrement nouveau pour l’évaluation de la performance de la société. C’est simplement une nouveauté dans une norme comptable, mais vous continuez d’évaluer la société de la même façon.

Andrew White :

Merci, Gary. Pour ceux d’entre vous qui soumettent des questions dans la foire aux questions, je les surveille. Je les vois. Si d’autres personnes ont des questions dans la foire aux questions, nous y reviendrons sous peu. Continuez donc de les soumettre. J’en ai reçu une sur la possibilité d’auditer les MPD. Nous sommes le Conseil des normes comptables. Nous laisserons cette question aux auditeurs, mais je vous encourage à rester à l’affût de ces discussions. Je sais qu’il y a des discussions au Canada au sujet des implications des MPD pour l’audit. Je vous encourage donc à suivre notre conseil sœur, le CNAC. Je m’attends à ce que ce groupe publie peut-être des indications pour vous aider à répondre à cette question. Je voulais simplement répondre à cela avant que nous passions à autre chose que les MPD. Il y a d’autres questions sur les MPD. Nous les garderons pour la période de questions.

Passons donc, au moins pour un court moment avant la période de questions, à autre chose que les MPD. Brian, il n’y a pas que les MPD. Comme autorité de réglementation, qu’attendez-vous des nouvelles exigences en matière de présentation et d’informations à fournir, et comment évaluez-vous l’état de préparation des Canadiens à mesure que nous nous rapprochons de cette nouvelle norme?

Brian Banderk :

Oui. Donc, en mettant de côté les MPD, comme autorités de réglementation des valeurs mobilières, si nous pensons à l’objectif de la norme, qui est d’accroître la cohérence et la comparabilité, je crois que le fait d’être un cas extrêmement atypique dans la population d’émetteurs serait probablement quelque chose que nous examinerions de plus près. Je vais peut-être simplement vous laisser avec cette idée. Pour ce qui est de l’Alberta, je viens de l’Alberta, donc les industries extractives représentent une grande partie de ce que nous traitons là-bas. Nous avons déjà une assez grande comparabilité et cohérence dans la présentation. Les préparateurs du secteur extractif [inaudible à 0:33:56] font un bon travail de coordination entre eux. Je ne crois donc pas que nous verrons beaucoup de... Nous verrons des choses différentes, mais nous ne verrons pas une forte hausse de la comparabilité dans ce secteur.

Andrew White :

Fantastique! Très bien, nous avançons rapidement. Nous sommes en fait un peu en avance sur l’horaire, ce qui laisse un peu plus de temps pour les questions. J’ai reçu plusieurs questions, ce qui est toujours excellent. Et certaines personnes ont eu la gentillesse de me les envoyer d’avance par courriel c’est une première, et c’est formidable! Dans la salle, si vous avez des questions, levez la main. Jamie vous apportera un micro et vous pourrez poser votre question.

Pendant que vous réfléchissez à votre question, ou que vous pensez à lever la main, je vais commencer par l’une des questions que je viens de recevoir. Je pense que je vais la poser à Hagit. Nous verrons comment ça se passe. La question portait sur les entités fermées et sur les attentes à l’égard des sociétés fermées quant aux MPD et à l’obligation de les présenter dans les états financiers.

Hagit Keren :

Commençons par rappeler que les exigences IFRS s’appliquent à toute société qui applique les exigences IFRS, n’est-ce pas? Comme normalisateurs, nous établissons les exigences, mais il appartient ensuite à chaque pays de décider si elles s’appliquent aux sociétés fermées ou seulement aux sociétés ouvertes. Mais supposons qu’il y ait des sociétés fermées qui appliquent nos exigences. Je pense que le point intéressant concerne les MPD. Est-ce que ça fonctionne? C’est ce point qui est intéressant, parce qu’un des piliers des exigences relatives aux MPD suppose l’information est publique. Si vous êtes une société fermée, il arrive que vous ne rendiez pas l’information publique. Vous pourriez donc ne pas satisfaire aux exigences relatives à la présentation complète de l’information. Et en fait, je dirais ici de rester à l’affût, parce que notre Comité d’interprétation a reçu une question sur ce que signifie « rendre l’information accessible au public ». Je crois qu’il s’agissait de savoir si l’utilisation de l’information dans des présentations aux investisseurs, lorsqu’elle n’est utilisée que pour un petit groupe d’investisseurs, ou peut-être un groupe plus large, signifie qu’il s’agit d’information accessible au public. Je pense donc qu’il faudra suivre les discussions du Comité.

Membre de l’auditoire :

Merci, Jamie. Plusieurs commentaires ont porté sur l’importance de commencer tôt la mise en œuvre et sur la progression vers 2027. IAS 8 exige la présentation d’informations sur les futures normes comptables et sur l’effet qu’elles auront au moment de leur adoption, et les exigences relatives au rapport de gestion comportent quelque chose de semblable concernant les attentes. J’aimerais donc entendre Gary, en particulier. Vous avez mentionné l’importance de sensibiliser vos investisseurs. Avez-vous des réflexions sur le moment où il faut commencer à communiquer l’incidence d’IFRS 18 dans les états financiers et le rapport de gestion? J’aimerais aussi entendre Brian sur les attentes des autorités de réglementation à mesure que nous nous rapprochons de la date d’adoption en 2027. Et j’ajouterais une question pour Howard : que pensez-vous voir, et qu’est-ce qui vous serait utile de voir d’ici 2027? Ou pensez-vous que tout le monde attend simplement le premier trimestre de 2027?

Gary Hum :

Oui, c’est une excellente question. Je pense qu’il est très important, dans vos états financiers de 2026 – disons à la fin de l’exercice 2026, ou même avant –, de commencer à expliquer aux investisseurs et aux lecteurs qu’une nouvelle norme s’en vient, de leur expliquer comment elle modifiera les états financiers et à quoi ça ressemblera. Il est facile de dire qu’il s’agit seulement de présentation et d’informations à fournir. Généralement, les lecteurs ne s’en préoccupent pas trop, mais je crois que l’aspect des MPD est important. Je pense que là où il y a une certaine hésitation, c’est dans certains secteurs, en particulier dans les secteurs plus spécialisés – je prends l’exemple de l’assurance, parce que je travaille dans une compagnie d’assurance.

Il y a eu des discussions sur ce qui constitue une MPD dans notre secteur, et je crois qu’il y a une certaine hésitation chez les participants à simplement dresser la liste de ce qu’ils pensent être les MPD tant qu’il n’y aura pas plus de clarté sur l’interprétation de certaines indications relatives aux MPD et sur la façon dont les cabinets comptables les voient. Je pense donc qu’il y a un certain attentisme à cet égard. Mais nous réfléchissons à la façon d’expliquer à nos utilisateurs que les MPD s’en viennent, qu’elles formeront un sous-ensemble des mesures non conformes aux PCGR actuelles et qu’elles seront auditées. Nous ne nous attendons toutefois pas à ce que l’adoption d’IFRS 18 crée nécessairement de nouvelles mesures. Parfois, la norme exige de nouvelles catégorisations. Je pense à celle où la quote-part du résultat des entreprises associées et des coentreprises comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence doit être déplacée dans la catégorie « investissement », alors que plusieurs institutions financières et sociétés d’investissement pourraient soutenir que ça fait partie de leurs activités d’exploitation. Dans un cas comme celui-là, il pourrait être nécessaire d’introduire une nouvelle MPD ou une nouvelle mesure non conforme aux PCGR. Mais, de façon générale, il ne faut pas s’attendre à beaucoup de nouvelles mesures du fait de l’adoption d’IFRS 18. Il y a donc beaucoup de sensibilisation à faire dans vos états financiers de 2026, et nous avons bien l’intention de transmettre ce message.

Brian Banderk :

D’accord, je pense que je suis le prochain pour cette question en plusieurs volets. Lucy pose toujours d’excellentes questions. En ce qui concerne l’information à fournir avant l’adoption, je ne crois pas que nous en ayons vu énormément jusqu’à maintenant. C’est toujours un peu difficile, pour être honnête, du point de vue d’une autorité de réglementation, parce qu’à mesure qu’on se rapproche de la date, l’explication selon laquelle l’incidence est encore en cours d’évaluation devient de moins en moins crédible. Mais nous voulons aussi donner aux émetteurs la possibilité de vraiment se pencher sur la question et de faire l’analyse nécessaire. Nos attentes augmenteront toutefois à mesure que nous nous rapprocherons de la date. C’est probablement ce que je peux dire pour l’instant.

Howard Leung :

J’ajouterais en fait que, pendant le premier trimestre, je consultais avec enthousiasme la note sur les prises de position comptables futures. Toutes les entités disaient simplement qu’IFRS 18 s’en venait, mais qu’elles évaluaient encore les incidences sur la société. Ça m’a donc laissé un peu sur ma faim, mais je verrai de nouveau au deuxième trimestre. [rires] Cela dit, pour ajouter aux nombreux points soulevés ici, je pense qu’il sera très important de communiquer les attentes des investisseurs. Je crois que, comme la structure de l’état du résultat net reproduit maintenant en partie celle de l’état des flux de trésorerie, ça changera un peu la façon dont les investisseurs voient l’état du résultat net. Nous avions tendance à penser que l’état des flux de trésorerie comportait ces catégories spécifiques : exploitation, investissement et financement, alors qu’en réalité, il devrait vraiment s’aligner avec l’état du résultat net. Je pense qu’il s’agit d’un changement vraiment important dans la façon dont les investisseurs perçoivent les variations du résultat dans chacune de ces catégories. Un de ces petits signes, de ces petits détails que j’apprécie dans la nouvelle norme, est de pouvoir partir du résultat d’exploitation et faire un rapprochement avec les flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation, parce que ça crée vraiment cet alignement. Je comprends bien sûr le point de Gary : il y aura une certaine ambiguïté à l’égard de certains investissements. Sont-ils vraiment liés à l’exploitation, ou relèvent-ils plutôt de l’investissement? Même pour des sociétés hors du secteur financier, je connais des sociétés technologiques qui détiennent des participations de 25 % dans des sociétés. S’agit-il vraiment d’un investissement, ou ça fait-il partie de leurs activités? Il y aura donc une ambiguïté, mais je crois que cette rationalisation aide à aligner la façon dont les investisseurs pensent à ces trois activités, qui imprègnent en réalité toute l’entité. Ce n’est pas seulement l’état des flux de trésorerie; c’est aussi l’état du résultat net. Donc, selon le secteur et selon l’industrie, ça prendra du temps, comme on l’a dit, mais pour moi, c’est le changement le plus profond, non seulement dans la façon dont les investisseurs perçoivent les choses, mais aussi potentiellement dans la façon dont les sociétés communiquent l’information aux investisseurs.

Andrew White :

Cette question porte sur les MPD, encore une fois de manière plus générale, et sur l’idée que les MPD sont des sous-totaux de produits et de charges. La question est posée du point de vue suivant : que se passe-t-il lorsqu’un sous-total comprend des éléments de produits et des éléments de type flux de trésorerie? Est-ce que cela répond aussi à la définition d’une MPD? Je ne vais pas poser cette question à notre utilisateur, parce que ce serait cruel. Hagit, je vais commencer avec vous, et si quelqu’un d’autre veut intervenir.

Hagit Keren :

Oui. Ici aussi, je dirais qu’il faut rester à l’affût, parce qu’une question nous a été soumise sur ce sujet. Je pense que la question est, qu’est-ce qu’un produit et qu’est-ce qu’une charge? Peuvent-ils être, ou doivent-ils être, des produits et charges comptabilisés au moment d’établir le sous-total, ou pourraient-ils être des éléments hypothétiques? Pourraient-ils être des éléments fondés sur les flux de trésorerie? Le Comité d’interprétation va donc en discuter. Mais je pense qu’il faut aussi garder à l’esprit que nous menons actuellement notre projet sur l’état des flux de trésorerie, et nous avons reçu de nombreuses demandes pour que les informations sur les MPD s’étendent aussi aux mesures des flux de trésorerie. Il se peut donc qu’il y ait un écart entre les deux, mais je pense qu’au bout du compte, les mesures des flux de trésorerie seront aussi visées par ces informations. Je sais que ça soulève des questions pratiques, parce que l’incidence sur les participations ne donnant pas le contrôle et l’incidence fiscale sont réellement pertinentes pour les éléments du résultat net, mais ne le sont pas pour les flux de trésorerie. Ce sont des éléments que nous examinons actuellement. Je pense donc qu’il faut rester à l’affût. Et je soupçonne que la prochaine réunion du Comité d’interprétation fournira de l’information utile sur ce que nous entendons par produits et charges, et sur la question de savoir s’il s’agit seulement des éléments comptabilisés ou peut-être d’un concept plus large.

Andrew White :

Nous allons maintenant prendre une question dans la salle.

Membre de l’auditoire :

Pour faire suite à ce que vous avez dit, et c’est peut-être simplement pour clarifier les normes sur l’état du résultat net pour les catégories exploitation, investissement et financement, puis sur l’état des flux de trésorerie. Sont-elles réellement cohérentes? Non, d’accord. Vous avez mentionné, je suppose, qu’il faut rester à l’affût. Très bien.

Hagit Keren :

Je pense que les noms sont semblables. Donc oui, exploitation, investissement, financement, mais elles ne sont pas entièrement alignées parce que les objectifs de l’état des flux de trésorerie ne sont pas les mêmes que ceux de l’état du résultat net. Dans la catégorie investissement des flux de trésorerie, on voit que les immobilisations corporelles ont été achetées, mais l’amortissement correspondant dans l’état du résultat net fera probablement partie de l’exploitation. En fait, lorsque nous avons commencé notre projet sur l’état des flux de trésorerie, nous avons demandé à nos parties prenantes : « Voulez-vous que nous fassions la même chose qu’avec l’état du résultat net? » Les investisseurs nous ont répondu non. Ils comprennent que chaque état a des objectifs différents. Ils ne sont pas entièrement alignés, et ça leur convient. J’espère donc avoir répondu à votre question.

Membre de l’auditoire :

Oui, je pense que le défi que je rencontre, c’est que lorsque les gens du financement d’entreprise parlent aux comptables pour essayer de traduire ça, il y a cette cohérence apparente : « On a exploitation, investissement, financement. Pourquoi ça se trouve ici, dans cette partie de l’état des flux de trésorerie? » Ça ajoute simplement un peu de complexité. Je pense qu’au bout du compte, j’ai toujours eu l’idée que les mesures non conformes aux PCGR, ou non conformes aux IFRS, devraient en fait être définies. Nous n’en sommes donc pas encore là avec les MPD. Peut-être que le résultat d’exploitation remplacera le BAIIA, mais pour certaines, si on faisait un répertoire des mesures non conformes aux IFRS qui sont utilisées, je dirais qu’il y en a peut-être moins d’une demi-douzaine que nous pourrions vraiment définir, et dire aux gens du financement d’entreprise : voici le rapprochement, c’est ça qu’il faut faire. Je pense que ça nous rapprocherait plutôt que de nous éloigner. J’ai tendance à espérer que les normes ont cet objectif. Mais parfois, j’ai l’impression qu’elles nous entraînent dans la direction opposée. Enfin, c’était plutôt une réflexion personnelle. Merci.

Je pense qu’il est toujours difficile de définir une mesure parce que, même si on croit la définir de la même façon que tout le monde — nous avons essayé de définir le BAIIA; les ajustements réels sont dans le nom, et nous n’avons pas réussi. Je pense donc que nous croyons parfois qu’il est facile de s’entendre sur ces termes et sur ces sous-totaux. Ce que j’ai appris au cours des vingt-cinq dernières années, c’est que ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air au premier abord, parce qu’il y a trop de comptables qui s’en mêlent, et ensuite nous causons des problèmes.

Je vais revenir au point de vue de l’utilisateur un instant, pour donner un peu de répit à Hagit avec les questions techniques. Et peut-être aussi à Brian, du point de vue réglementaire. IFRS 18, comme Hagit l’a mentionné, sera une norme adoptée à l’échelle mondiale. Quel rôle devraient jouer les autorités de réglementation, Brian, pour assurer une bonne application d’IFRS 18? Et Howard, en quoi ça vous aide-t-il à prendre des décisions d’investissement utiles à l’échelle mondiale lorsque la comparabilité et la cohérence sont accrues?

Brian Banderk :

Oui, d’accord. Notre rôle dans tout ça est... Je pense que, si vous me le permettez, je vais modifier un peu votre question. [rires] Je vais parler un peu de certaines choses qui m’inquiètent. Et ça alimente peut-être la réflexion sur notre rôle, parce que si quelque chose m’inquiète, j’y pense, et je peux peut-être aider à cet égard. Ce qui m’inquiète actuellement, c’est que les entreprises canadiennes subissent beaucoup de stress, ou font face à beaucoup d’enjeux opérationnels en ce moment. Je crains donc que la mise en œuvre ne se déroule pas aussi harmonieusement que nous le souhaiterions, parce que bon nombre d’entreprises canadiennes n’ont peut-être pas autant de temps qu’elles le voudraient à consacrer à ça. Espérons que je me trompe. Espérons que ça se passera exactement comme ça se passe toujours au Canada, c’est-à-dire que tout le monde se mobilisera, fera du bon travail et continuera de s’appuyer sur cette bonne base à l’aide d’améliorations progressives. Je pense — et je parle seulement de mon propre point de vue ici, pas au nom du reste des ACVM — que nous pouvons aider. Nous ne baisserons pas nos standards quant à ce que nous attendons comme autorités en valeurs mobilières, mais je pense que nous devons comprendre qu’il s’agit d’une norme qui évolue, que tout le monde s’y habitue, et qu’il y aura, espérons-le, place à l’amélioration. Et, du point de vue de l’ASC, c’est en grande partie ainsi que nous abordons nos examens de l’information continue : dans une perspective d’éducation. Nous voyons des choses, puis nous disons : « À l’avenir, pourriez-vous améliorer cela? » Bien sûr, nous intervenons lorsque les choses sont vraiment flagrantes, mais nous voulons travailler avec vous, émetteurs assujettis, et non vous punir dans le cadre de processus difficiles.

Howard Leung :

Oui, pour ce qui est de la perspective mondiale, c’est important. Dans le paysage canadien, même pour beaucoup de sociétés à forte capitalisation, on a généralement peut-être un ou deux champions canadiens dans certains secteurs. Leurs pairs se trouvent souvent aux États-Unis, mais aussi en Europe ou en Asie. Il est vraiment utile d’avoir une plus grande comparabilité entre ces sociétés canadiennes qui sont en concurrence à l’échelle mondiale, et de pouvoir, comme investisseur, les examiner et les comparer pour dire : « À quel point sont-elles fortes? » Je pense que le fait d’avoir ces sections et une certaine standardisation – comme je l’ai mentionné plus tôt, le fait que la charge de rémunération soit présentée – permet de faire beaucoup d’analyses qu’on ne pouvait pas faire auparavant. Je crois donc que l’information sera certainement plus comparable à l’échelle mondiale. Et je pense qu’avec le rapport de gestion, le communiqué de presse et le cadre entourant les mesures non conformes aux PCGR, la direction peut toujours raconter son histoire tout en bénéficiant d’un peu plus de comparabilité mondiale. On obtient ainsi, espérons-le, le meilleur des deux mondes.

Andrew White :

Fantastique! Nous approchons de l’heure. Je vais donc poser une dernière question à chacun des panélistes. À ceux d’entre vous qui ont soumis des questions dans la foire aux questions, je ne vous ai pas oubliés. Je vous encourage aussi à continuer de suivre les discussions du Groupe de discussion sur les IFRS, parce que certaines de vos questions ont déjà reçu une réponse dans ces discussions. Si vous avez de la difficulté à vous y retrouver, je crois que mes coordonnées se trouvent partout sur le site Web. Envoyez-moi un courriel, et je vous aiderai à trouver le lien. Je vous encourage vraiment à rester à l’affût.

Donc, une dernière question pour chacun de vous. Je vais commencer par notre utilisateur et nos préparateurs.

De vos points de vue respectifs, IFRS 18 trouve-t-elle le bon équilibre? Réussit-elle à concilier la comparabilité et la capacité d’une entité de raconter son histoire de façon significative?

Je vais vous laisser décider qui commence. Howard ou Gary, à vous. Howard a le micro, donc il commence.

Howard Leung :

Bien sûr. Oui. Comme je l’ai mentionné, je pense que oui. Y a-t-il des éléments qui pourraient être améliorés, comme les flux de trésorerie? Ou encore, une plainte que j’ai souvent concerne IFRS 16 : maintenant, la dotation aux amortissements et le financement sont encore plus éloignés parce qu’ils se trouvent dans deux catégories différentes. Mais ce sont des éléments mineurs dans l’ensemble. Donc j’ai hâte à 2027.

Gary Hum :

Oui. Je reconnais que l’établissement de normes n’est pas facile et que cette norme a été rédigée pour essayer d’aider le plus de sociétés possible. À cet égard, je pense que le fait d’exiger des sociétés qu’elles examinent leurs principales activités commerciales, qu’elles présentent un résumé structuré utile, et ainsi de suite, favorisera la comparabilité et la cohérence. Ça cause des difficultés dans certains secteurs où l’information est plus spécialisée. Mais, dans l’ensemble, je pense que la norme offre suffisamment de souplesse pour que vous puissiez tout de même faire passer votre message. Et, comme je l’ai dit plus tôt, elle ne change certainement pas la façon dont nous communiquons avec le marché, donc j’en suis satisfait.

Andrew White :

Fantastique! Enfin, nous allons nous tourner vers notre autorité de réglementation et notre normalisatrice. Brian, nous commencerons par vous, puis ce sera au tour d’Hagit.

Du côté de la mise en œuvre, quel est, selon vous, le plus grand obstacle à une mise en œuvre réussie d’IFRS 18?

Oui. Une chose que j’ai apprise au cours de l’année, et qui me surprend un peu, en parlant vraiment à tout le monde, y compris les personnes dans cette salle, c’est l’ampleur du jugement nécessaire pour appliquer la norme. Les discussions ont été très bonnes. Et l’une des choses qui finissent souvent par être la réponse est : puisqu’il s’agit de jugement, il faut fournir des informations sur ce jugement. Comme autorités de réglementation des valeurs mobilières, nous aimons tous les informations à fournir, mais je crains que nous arrivions à un point où, s’il y a tellement d’informations fournies sur tous ces jugements, ça commencera à obscurcir les éléments réellement importants dans les états financiers. Pour moi, le succès consisterait donc à appliquer la norme selon une approche de gros bon sens, en utilisant les mots, et à ne pas simplement communiquer des informations étoffées sur tous les jugements individuels qui n’ont pas besoin d’être présentées. Je pense qu’il faut trouver le bon équilibre entre la quantité d’informations fournies et le résultat final.

Hagit Keren :

Bien sûr, comme normalisateurs, nous craignons toujours avoir manqué quelque chose, mais je pense que, jusqu’à maintenant, tout va bien. Nous continuons de surveiller les choses. Mais si je pense au risque, ou à ce qui pourrait mal tourner, je crois qu’une mise en œuvre précipitée entraînerait beaucoup d’omissions. Cette norme comporte de nombreuses subtilités. Par exemple, le résumé structuré utile s’applique à tous les états. Il ne vise pas seulement l’état du résultat net. Le regroupement et la ventilation s’appliquent à toutes les notes. Il y a un rôle pour les notes qui s’applique à tout. Je pense que nous nous concentrons beaucoup sur l’état du résultat net. Mais il y a beaucoup d’éléments qui s’appliquent plus largement, et ma préoccupation est que, si vous vous précipitez dans la mise en œuvre, vous pourriez ne pas relever ces zones moins visibles où vous pourriez faire quelque chose de bon. Il faut donc porter attention à ces exigences particulières et s’assurer d’ouvrir ses horizons lorsque vous l’abordez. Par exemple, pour le regroupement et la ventilation, si vous avez de bons processus et que vous connaissez bien l’importance relative, vous êtes probablement en bonne posture, et c’est peut-être une hypothèse prudente. Mais j’espère que les sociétés jetteront simplement un dernier regard à ce que nous entendons par regrouper ou ventiler l’information, pour s’assurer qu’elles y ont bien réfléchi et qu’elles ne suivent pas simplement une habitude adoptée il y a peut-être dix ans. Peut-être que cette habitude fonctionne, mais il faut y jeter un dernier regard avant de refermer le dossier IFRS 18. Ce sont ces zones moins visibles qui pourraient être importantes et utiles pour les sociétés également.

Andrew White :

Merci à tous. Je crois que ce que je retiens de la séance d’aujourd’hui, c’est que le diable est toujours dans les détails. Parfois, les mots peuvent sembler simples, mais ils peuvent être très, très difficiles à appliquer. Il peut y avoir beaucoup de jugement. Je pense que l’IASB s’était donné un mandat d’envergure pour améliorer l’information financière dans son ensemble. Je crois qu’il a probablement trouvé le bon équilibre. Si tout le monde est un peu mécontent, vous avez probablement fait votre travail. Si vous n’avez pas donné aux utilisateurs tout ce qu’ils voulaient et que les préparateurs sont un peu mécontents, vous avez probablement trouvé le bon dosage. Merci beaucoup pour ça.

Je tiens donc à remercier tout le monde d’avoir assisté à cette séance, en particulier toutes les personnes dans la salle qui sont venues nous voir. Et toutes les personnes en ligne — fantastique! Je tiens aussi à remercier chaleureusement les panélistes. Lorsque je les ai contactés, ils m’ont tous répondu très rapidement et étaient plus que disposés à participer aujourd’hui. Merci beaucoup à nos panélistes d’être ici pour discuter avec nous.

Encore une fois, je vous encourage à vous lancer. IFRS 18 n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Il sera donc très important d’enclencher ces processus dès que possible afin de commencer à produire l’information dont vous avez besoin.

Restez informés. Assurez-vous de suivre ce dont parle l’IFRIC. La réunion de juin devrait traiter d’environ six sujets liés à IFRS 18, et il y en a déjà eu cinq autres auparavant. Ce n’est donc pas comme si l’IFRIC n’avait pas reçu un bon nombre de questions. Restez donc à l’affût à cet égard. Et si vous avez des questions, parlez toujours à votre gentil comptable; il pourra peut-être vous aider. Merci encore, et bonne chance avec IFRS 18. Merci à tous.