Nous nous engageons à fournir des transcriptions afin de promouvoir l’accessibilité des webinaires que nous proposons. À cette fin, nous nous efforçons de fournir une transcription qui reflète fidèlement l’information communiquée. Veuillez noter qu’il peut cependant y avoir des cas où il nous est impossible de saisir ce que dit l’intervenant. Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant la transcription fournie, veuillez nous contacter.
Wendy Berman : Bonjour à tous, nous avons un programme ambitieux aujourd'hui et des invités incroyables qui se joignent à nous. Je pense que nous allons avoir une discussion très enrichissante. Je vais donc commencer par vous remercier d'avoir pris le temps de vous joindre à nous aujourd'hui et de participer à cette discussion. C'est vraiment important pour le Canada, et je suis donc reconnaissante de voir une salle comble et une forte participation en ligne. J'espère que… le contenu que nous allons vous présenter ne vous décevra pas. p J'aimerais tout d'abord reconnaître que le territoire sur lequel nous sommes réunis à Toronto est le territoire traditionnel de nombreuses nations, dont les Mississaugas de Credit, les peuples anichinabé, chippewa, haudenosaunee et wendat. Nous reconnaissons également que Toronto est visée par le Traité no avec les Mississaugas de Credit. Et en ce qui concerne ma réflexion personnelle à ce sujet, nous avons tous beaucoup à apprendre des nombreux peuples qui ont élu domicile sur cette terre. D'après mon expérience, c'est ce que nous faisons lorsque nous écoutons attentivement, avec un cœur et un esprit ouverts, afin d'encourager et de promouvoir cette diversité d'opinions. Notre force au Canada réside dans notre diversité. Nous avons cette force. Et notre volonté d'aborder les nations autochtones avec respect, humilité, et ouverture, fondés sur la compréhension et la reconnaissance de notre histoire, est nécessaire pour que nous puissions disposer de cette force commune. Merci à tous. Comme je l'ai dit, nous avons réuni un groupe incroyable d'intervenants. Je suis très honorée d'en faire partie. Je leur suis également reconnaissante d'être venus aujourd'hui, de nous avoir accordé leur temps et qu'ils puissent nous faire part de leurs idées alors que nous allons de l'avant. Je ne vais donc pas présenter les membres du panel. Je laisse cela à d'autres, mais vous pouvez voir que je vais juste citer leur titre. Donc, Peter Routledge, surintendant du Bureau du surintendant des institutions financières. Grant Vingoe, chef de la direction de la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario. Hugo Lacroix, surintendant, AMF. J'ai dit AMF parce que je ne veux pas dénaturer le français et me ridiculiser en tant que Canadienne. Et, bien sûr, nous avons Lindsay Walton des PRI, qui co-anime cet événement avec nous. Merci de votre participation. Et maintenant, j'aimerais vous présenter… je vais juste faire quelques remarques préliminaires, Elizabeth Dove, qui est ici pour nous faire part de quelques remarques.
Ici, au CCNID, nous sommes conscients que le Canada traverse une période critique, une période de transition qui comporte des difficultés et des risques, mais qui offre également des occasions pour notre économie. Nous considérons les informations sur la durabilité comme un enjeu essentiel pour pouvoir aller de l'avant dans cette nouvelle transition vers une nouvelle économie. Une transition qui, je pense, nous rendra plus forts et plus résilients. Je m'en voudrais donc de ne pas mentionner que nous sommes confrontés à des vents contraires assez forts liés aux changements économiques, géopolitiques, sociaux et réglementaires émergents qui ont rendu plus difficile l'adoption, l'adoption généralisée, des normes de durabilité par les entreprises canadiennes. Mais je pense que nous devons tous nous appuyer sur le fait que ces obstacles ne changent rien au fait que les informations sur la durabilité sont motivées par l'importance financière. Il ne s'agit pas d'agendas politiques ou sociaux, mais bien du fondement qui nous permet d'aller de l'avant et de maintenir la compétitivité du Canada dans la course aux capitaux et aux revenus. La transparence grâce à des informations de haute qualité sur la durabilité favorise la résilience et la confiance. En résumé, cela va de pair avec les questions de durabilité qui ont une incidence sur leurs activités. Par exemple, les risques physiques liés au changement climatique ou les risques et occasions liés à la transition à mesure que nous évoluons vers une économie à faible émission de carbone. Et ont-ils un plan raisonnable? Pas un plan parfait, mais un plan raisonnable qui reflète ces risques et ces occasions? Quand c'est le cas, ils inspirent confiance à toutes les parties intéressées et concernées, qu'il s'agisse des prêteurs, des investisseurs, des employés ou de la capacité à attirer des talents, de la capacité à participer à la chaîne d'approvisionnement mondiale pour accroître la croissance des revenus. Et nous constatons, à l'échelle mondiale, que les marchés tendent vers une convergence en matière d'information sur la durabilité. Et cela a commencé par un cri fort, très fort, de la part des investisseurs ou des allocataires de capitaux, mais ce cri a maintenant été amplifié par de nombreux autres acteurs de cet écosystème. Nous sommes donc ici, aujourd'hui, parce que nous avons entendu à quel point ces révélations sont importantes pour la croissance de l'économie canadienne. Et le CCNID s'engage à garantir qu'il existe un cadre de haute qualité pour la fourniture d'information, aligné sur les normes mondiales, afin de pouvoir dissiper la confusion entourant l’information. Nous pouvons également réduire les coûts pour les entreprises et pour ceux qui utilisent ces informations, car nous bénéficierons d'une cohérence et d'une comparabilité à l'échelle mondiale. Voilà donc mon petit discours d'introduction pour rappeler le contexte. Je vais maintenant céder la parole à Elizabeth Dove. Je vais vous parler un peu d'Elizabeth. Elizabeth est une figure de proue mondialement reconnue dans le domaine de la durabilité. Elle est réputée pour sa capacité à susciter des collaborations fructueuses, autrement dit, à coordonner des acteurs difficiles à aligner, afin de faire avancer les nombreux projets qu'elle a menés au cours de sa carrière. Elle est actuellement directrice exécutive du Réseau mondial des entreprises des Nations Unies au Canada. Elle a occupé de nombreux autres postes de direction dans le domaine de la durabilité pendant plus de ans. Elle a récemment reçu la Médaille du jubilé de diamant de la Reine pour son travail dans le domaine de l'impact social et elle a été nommée l'une des femmes leaders les plus influentes de Toronto en par les femmes que nous admirons. Nous t'admirons, Elizabeth. Merci d'être venue. La parole est à toi. [Applaudissements]
Elizabeth Dove : Merci beaucoup Wendy, et merci à tous d'être ici. Je tiens à remercier tout particulièrement le Conseil canadien des normes de durabilité de m'avoir permis d'ouvrir la séance aujourd'hui. Pour ceux d'entre vous qui ne nous connaissent pas, le Réseau Canada du Pacte mondial des Nations Unies est la branche canadienne de la plus grande initiative mondiale en matière de durabilité. Notre travail consiste principalement à aider les entreprises à aligner leurs stratégies et leurs opérations sur les dix principes du Pacte mondial des Nations unies relatifs au travail, aux droits de l'Homme, à l'environnement et à la lutte contre la corruption. Et aujourd'hui, avec participants canadiens, nous sommes la référence mondiale en matière de responsabilité des entreprises canadiennes. Et je pense que mon rôle aujourd'hui consiste vraiment à apporter le point de vue des entreprises canadiennes dans cette conversation et de leur expliquer un peu pourquoi cette conversation est si importante.
Nous sommes réunis à un moment charnière pour la durabilité au Canada. C'est un moment plein de complexité et d'incertitudes, mais aussi de possibilités réelles. Au cours des dernières années, les entreprises canadiennes ont intensifié leurs efforts. Elles ont adopté des stratégies d'action climatique. Elles ont intégré les critères ESG dans leur gouvernance et leur gestion des risques. Elles ont mis en place des systèmes pour mesurer, fournir des informations et gérer les performances en matière de durabilité. Mais, soyons honnêtes, cela n'a pas été facile, en particulier cette année.
Partout au Canada, et en particulier depuis février, j'entends les mêmes messages de la part de nombreuses entreprises. Il y a trop de cadres réglementaires. Il y a trop de normes. Il y a trop de changements. Il y a trop d'incertitudes.
Nous vivons à une époque où les entreprises sont censées proposer des stratégies climatiques crédibles, dans un contexte en perpétuelle évolution. Les lois sur l'écoblanchiment au Canada ont changé, encore, laissant de nombreuses entreprises dans l'incertitude quant à la manière de communiquer leurs ambitions sans prendre de risques juridiques. La stratégie canadienne en matière de compétitivité climatique reste assez vague pour de nombreux secteurs en ce qui concerne les délais et les moyens à mettre en œuvre.
En Europe, les changements à la Loi Omnibus – ce fut un mois chargé – pourraient modifier les échéances et les exigences prévues par la CSRD. Aux États-Unis, nous assistons à des tensions politiques et à des défis réglementaires qui ont créé un froid palpable sur la durabilité, l'action climatique et la DEI, tout cela alors que notre plus grand partenaire commercial semble nous avoir tourné le dos.
Pour les entreprises canadiennes, en particulier celles qui ont des activités à l'échelle mondiale, cela peut donner l'impression d'essayer d'atteindre une cible mouvante dans une tempête de vent. Et c'est exactement pour cette raison que le travail du Conseil canadien des normes d'information sur la durabilité est si important, car dans un système mondial fragmenté, le Canada a désormais l'occasion d'apporter clarté et cohérence, non pas des ambitions affaiblies, mais des voies crédibles pour les réaliser.
Le CCNID ne se contente pas de présenter un autre cadre au moyen des NCID et il établit une base canadienne stable pour la fourniture d'informations sur la durabilité, alignée sur les normes mondiales. mais ancrée dans les réalités canadiennes.
Et cela importe beaucoup aux investisseurs. La durabilité et le risque climatique restent importants sur le plan financier, tant pour votre entreprise que pour les investisseurs. Et les normes ouvrent la voie. Elles aident les entreprises canadiennes à renforcer la confiance des marchés financiers en fournissant des données structurées sur la durabilité, de qualité équivalente à celle destinée aux investisseurs, des données qui peuvent être intégrées dans les analyses financières et les décisions d'allocation de capitaux.
Dans un monde où les rapports sont fragmentés et les programmes politiques changeants, cette crédibilité constitue un avantage concurrentiel.
Maintenant, pour aborder la réalité que ressentent de nombreuses entreprises, il y a une véritable lassitude. Et face à toutes les complexités que j'ai mentionnées, certains se demandent s'il ne faudrait pas ralentir notre plan ESG. Devrions-nous faire une pause, apporter un peu de calme? Devrions-nous revoir nos ambitions à la baisse?
Mais nous ne pouvons pas laisser l'incertitude avoir raison de nos ambitions. Le changement climatique n'attend pas que la réglementation soit clarifiée. Le déclin de la nature ne s'arrête pas pendant que les cadres évoluent. Les marchés, la technologie et les possibilités continuent d'évoluer, avec ou sans votre entreprise.
Et les entreprises canadiennes sont appelées non seulement à fournir des informations en matière de durabilité, mais aussi à mener la transition elle-même. Vous façonnez les chaînes d'approvisionnement, vous influencez l'adoption des technologies. Vous construisez des infrastructures qui durent des décennies. Si les entreprises ne mènent pas une transition durable, personne d'autre ne peut agir à cette échelle.
Les normes du CCNID soutiennent ce leadership. Elles ne sont pas seulement des outils de conformité, elles contribuent à intégrer le climat et la durabilité dans la stratégie, la gestion des risques et les décisions d'investissement. Elles soutiennent le passage d'un discours à des performances mesurables et d'une aspiration à une responsabilité.
Oui, la mise en œuvre demandera des efforts. Oui, cela implique des coûts et un apprentissage. Mais il y a aussi des occasions. Les investisseurs internationaux consacrent de plus en plus leurs capitaux à des stratégies de transition crédibles. Les clients exigent de la transparence. Et les talents veulent travailler pour des entreprises qui prouvent qu'elles construisent l'avenir.
La durabilité a depuis longtemps cessé d'être une question secondaire. C'est une question de compétitivité. C'est une question de résilience. C'est une question de création de valeur.
Et même si les vents politiques peuvent changer, les principes fondamentaux, eux, ne changent pas. Le carbone s'accumule, les risques s'aggravent. Les entreprises, les investisseurs et les pays qui maintiennent le cap sur la durabilité seront ceux qui définiront la prochaine économie, et non celle qui est en train de disparaître.
Le Canada a l'occasion de montrer la voie, non pas en affaiblissant notre ambition, mais en renforçant notre clarté, notre cohérence et notre confiance.
Je terminerai donc par ceci. Nous ne pouvons pas laisser l'incertitude nous ralentir. Nous ne pouvons pas laisser l'instabilité politique diluer notre vision. Et nous ne pouvons pas laisser la complexité nous paralyser. L'avenir durable et sobre en carbone vers lequel nous tendons et dans lequel vous souhaitez tous vivre sera construit par des organisations qui cherchent à mener à bien leurs projets malgré la complexité et qui ne reculent pas devant elle. Et c'est exactement ce que vous faites en étant ici aujourd'hui. Merci beaucoup pour votre attention. Je vous souhaite une excellente table ronde.
Lindsay Walton : Très bien. Je m'appelle Lindsay Walton. Je suis très heureuse de vous voir tous. Je vais commencer par une brève présentation du panel et de mon parcours au sein des PRI, ainsi que de la perspective que j'apporte à la conversation en tant que modératrice. Ensuite, nous commencerons.
Pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas les PRI, nous travaillons avec des investisseurs, des décideurs politiques, des autorités de réglementation et d'autres parties prenantes clés afin de favoriser l'investissement responsable et les systèmes financiers durables à l'échelle mondiale. Nous sommes le plus grand promoteur de l'investissement responsable, avec plus de signataires représentant billions de dollars d'actifs sous gestion. En résumé, nos super pouvoirs résident dans nos années d'expérience en investissement responsable, c'est-à-dire notre notoriété, notre rôle de conseillers de confiance dans le secteur, et bien sûr, notre taille et notre influence à l'échelle mondiale.
Je vous dis tout cela parce qu'il est important que vous compreniez comment j'apporte une perspective internationale, et je vais vous parler un peu de ce que nous entendons. Et mon équipe de communication sera également satisfaite de moi.
Je me trouvais récemment au Mexique pour rencontrer certains responsables des fonds de pension AFORES et des décideurs politiques mexicains. J'ai eu le plaisir d'assister en personne à notre récente conférence PRI au Brésil. Mes collègues se sont rendus à Belém. Nous avons beaucoup entendu parler de toute l'Amérique latine là-bas. Nous avons également pu discuter avec des investisseurs européens et asiatiques.
Et ce qu'ils ont tous en commun, c'est qu'ils font des progrès incroyables en matière de finance durable. Donc, taxonomies, fourniture d'informations, voies de transition, la question n'est vraiment pas de savoir à quelle vitesse, mais plutôt ce qu'ils ont accompli dans l'ensemble, et quand auront-ils terminé le reste? La question n'est donc pas de savoir si ce sera fait, mais à quelle vitesse cela se fera.
Je ne veux pas que l'on prenne du retard, mais c'est pourtant ce qui est en train de se passer. Même nos voisins du sud se sont présentés en grand nombre au Brésil. Et ils utilisent… oui, ils utilisent un thésaurus pour rechercher et remplacer des termes tels que « ESG » qui dérangent certaines personnes. Mais ce sont des fiduciaires et ils comprennent qu'ils doivent prendre en compte toutes les informations importantes.
L'administration ne défend donc pas nécessairement les intérêts des investisseurs, même au sud de la frontière.
Pour finir, je tiens à souligner que nous avons récemment lancé un appel à l'action en faveur de l'adoption mondiale de l'ISSB, soutenu par investisseurs et entreprises de premier plan à l'échelle mondiale. Nous disposons donc des données nécessaires pour étayer ce qui converge à l'échelle internationale en tant que norme.
Tout cela pour dire que nous devons commencer à nous positionner dans la course mondiale aux capitaux. Et je sais que nous pouvons y arriver, car nous avons déjà dépassé nos capacités dans le domaine des systèmes financiers sophistiqués. Nous avons des systèmes de retraite renommés qui sont très respectés et recherchés à l'échelle mondiale. Et nous devons simplement nous débarrasser un peu de nos propres obstacles. Alors peut-être que nous ferons quelques progrès au cours de cette conversation.
Très bien. Je vais maintenant vous présenter mon panel. Tout comme Wendy, sauf que j'ai pratiqué mon français. Alors, je vais tenter le coup.
Nous avons donc Wendy Berman, présidente du Conseil canadien des normes d'information sur la durabilité. Au milieu, nous avons Peter Routledge, surintendant du Bureau du surintendant des institutions financières. Je vais les prononcer une fois, puis je passerai aux acronymes. Nous avons Hugo Lacroix ici présent. Il est surintendant des marchés de valeurs et de la distribution à l'Autorité des marchés financiers. Pas mal, n'est-ce pas? Et nous avons Grant Vingoe, chef de la direction de la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario.
Très bien. Je vais m'asseoir maintenant. Et nous allons passer à notre première question.
Comme indiqué, cette année a apporté des changements importants à notre contexte économique, géopolitique, juridique et réglementaire. Wendy, étant donné qu'Elizabeth et vous venez de nous faire part de vos points de vue, je pense que nous allons maintenant donner la parole à nos autres panélistes pour lancer la discussion.
Alors, Peter, tout au bout, nous allons commencer par vous. Il y a quelques jours, la CVMO a publié un rapport sur les risques liés au climat, qui contient des informations sur l'état des données climatiques et leur incidence sur la stabilité financière des institutions financières canadiennes. Pouvez-vous nous faire part de ce que vous entendez à l'échelle nationale et internationale concernant les données liées à l'information sur la durabilité et la résilience restante face aux risques climatiques?
Peter Routledge : Merci, Wendy, et merci aux PRI d'avoir organisé cette rencontre. Merci, Lindsay, d'avoir été notre modératrice.
Donc, oui, plus tôt cette semaine, ou plutôt à la fin de la semaine dernière, nous avons publié certaines conclusions issues de la mise en œuvre de ce que nous appelons nos rendements liés aux risques climatiques. Et qu'est-ce que c'est?
Nous nous adressons désormais à nos institutions financières actives à l'échelle internationale et leur demandons de nous communiquer des données sur leur exposition aux risques physiques liés au changement climatique et des données sur leur exposition aux risques de transition liés au changement climatique. Et nous le faisons sans leur demander de rendre publiques des informations.
La question est donc : pourquoi? Et la raison est que, pour les prochaines années, nous demandons aux institutions de faire quelque chose qu'elles n'ont jamais fait auparavant. Et, inévitablement, il faudra quelques années pour que leurs normes de collecte de données atteignent le niveau auquel nous sommes habitués pour d'autres formes de risques financiers, par exemple le risque de liquidité, le risque de crédit, etc.
Mais nous avons pris un bon départ et nous sommes désormais en mesure d'évaluer nos points forts et nos points faibles en matière de qualité des données. Et comme c'est la première année, les points forts l'emportent sur les points faibles. Mais nous faisons de très bons progrès dans ce domaine.
Concernant les informations à fournir, notre stratégie consiste, au cours des prochaines années, à mesure que nous développons le système et que celui-ci acquiert la capacité de mesurer les risques financiers inhérents au changement climatique, à saisir l'occasion qui se présentera alors pour rendre publiques ces informations.
Nous pourrions l'imposer au moyen de notre directive sur la gestion des risques climatiques, que nous appelons la directive B- Et notre calendrier de fourniture d'informations est intentionnellement aligné sur celui du Conseil canadien des normes d'information sur la durabilité.
Ce n'est ni extraordinaire ni inhabituel. Le Canada a toujours lié sa collecte et sa fourniture d'informations ainsi que sa collecte de données réglementaires aux normes comptables reconnues. Et nous faisons exactement la même chose.
Nous ne prendrons pas d'avance ni de retard par rapport à ce que la profession comptable a établi comme norme. Je pense donc avoir répondu à la question.
Je veux dire, en ce qui concerne le débat public qui entoure cette question, nous estimons, au BSIF, que nous avons une longueur d'avance sur certains de nos homologues en matière de réglementation. Et cela nous place parfois dans une position délicate. Et nous acceptons cela comme faisant partie intégrante de notre rôle de premier plan dans ce que nous considérons comme un risque financier à long terme, qui est important et essentiel pour remplir notre mandat de manière responsable.
Lindsay Walton : Merci beaucoup. J'ai donc entendu dire que même les grandes banques ont du mal avec cette nouvelle collecte de données. Et il faut plusieurs itérations pour y arriver. Mais c'est formidable que vous vous soyez tous lancés.
Je vais maintenant passer à Grant. Grant, pouvez-vous nous dire ce que vous entendez de la part des préparateurs? Qu'entendez-vous de la part des préparateurs, des investisseurs et, plus généralement, des autres acteurs du marché en Ontario?
Grant Vingoe : Eh bien, vous savez, les avis sont encore partagés. Vous savez, nous voyons des émetteurs de premier plan reconnaître la nécessité d'utiliser les normes du CCNID, les utilisant comme un outil pour dialoguer avec les investisseurs institutionnels, le faisant de manière relativement discrète compte tenu des réactions négatives. Cela passe donc plutôt inaperçu, car la plupart des émetteurs de premier plan sont étroitement liés au système des marchés financiers américains. Cela a donc donné lieu à des efforts plus discrets pour fournir les informations nécessaires. D'un point de vue légèrement négatif, cela a probablement conduit à des discussions plus franches avec les investisseurs institutionnels, qui ne sont pas toujours rendues publiques. Vous savez, en tant que membre des autorités de réglementation des valeurs mobilières, je pense vraiment que les informations devraient être fournies de manière uniforme. Mais, vous savez, le contexte politique dans lequel elles évoluent rend cela quelque peu difficile dans les circonstances actuelles. Je dirais que l'intérêt des investisseurs institutionnels est resté constant et fort. Et ils trouvent frustrant qu'il n'existe pas de référence mondiale qui rendrait leur engagement plus efficace et leur permettrait d'éviter d'utiliser des sources d'information privées moins fiables. Je pense donc que, sur le plan institutionnel, même s'il y a eu quelques fissures, il existe une grande cohérence et une forte volonté pour que nous, en tant qu'autorités de réglementation des marchés financiers, avancions plus rapidement. Je pense que tout le monde comprend le message selon lequel nous devions faire une pause, et je reviendrai là-dessus un peu plus tard. Mais il y a une sorte de compréhension de la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons collectivement en tant que société, par rapport aux États-Unis, par rapport à des circonstances économiques difficiles et à la nécessité d'éviter les charges. Honnêtement, je pense que c'est probablement très canadien, qu'en tant qu'autorités de réglementation, nous ayons bénéficié d'un répit pendant un certain temps, où les gens ont toléré que nous soyons un peu plus lents et plus réfléchis que ce que nous espérions il y a quelques années. C'est donc en partie cela. Parmi les petits émetteurs, il y a encore des inquiétudes quant à leur place dans le système. Ils trouvent que la conformité, même sur une base volontaire et avec des opérations limitées, est difficile à respecter et, vous savez, chaque dollar compte. Et la charge que représente la mise en conformité totale avec les normes du CCNID continue de susciter des inquiétudes. Je suis donc reconnaissant de la compréhension dont nous avons bénéficié, mais les opinions restent légèrement divergentes, et le contexte général incite les gens à se montrer très prudents dans leurs déclarations.
Lindsay Walton : Merci beaucoup, Grant. Je vous remercie pour votre franchise. Hugo, pouvez-vous nous dire ce que vous entendez au Québec de la part des préparateurs, des investisseurs, des institutions financières et des autres acteurs du marché?
Hugo Lacroix : Oui, bien sûr. Merci. Est-ce que ça fonctionne correctement? Oui, super. Merci à Wendy et à Lindsay de nous avoir invités à animer notre table ronde. Et merci. Je suis impressionné par le nombre de participants. Je ne sais pas combien il y en a dans la file d'attente, mais avec tous les bips que nous avons entendus, je pense que nous ne sommes pas seuls. C'est bien. Ça fait du bien. Que se passe-t-il au Québec? À peu près la même chose qu'en Ontario, je suppose. Je commencerai par dire que la position fondamentale des investisseurs et des émetteurs reste stable. Le ton a changé, le bruit a changé, le contexte a changé, mais leur position concernant la fourniture d'informations reste stable. La transparence pour les investisseurs n'est pas négociable et n'est pas plus d'actualité aujourd'hui qu'il y a un an ou qu'elle le sera dans un an. Ce qui leur pose problème, c'est d'avoir des informations comparables, des informations plus détaillées, et la fragmentation réglementaire est assez frustrante pour eux, car elle rend leur travail plus difficile. Idem, pareil pour l'émetteur. La fragmentation du marché ne sert pas les intérêts des émetteurs. Pour les émetteurs cotés, cela augmente les coûts de conformité et les risques. Il est certain que les émetteurs nous ont fait savoir, et continuent de nous faire savoir, que les données, leur qualité et leur organisation ainsi que les informations à fournir détaillées représentent encore beaucoup de travail. Dans les conditions actuelles du marché, la pression économique est bien réelle, et je pense qu'ils sont reconnaissants pour le délai supplémentaire et pour la pause. En ce qui concerne les institutions financières au Québec, nous sommes très satisfaits. La résilience est dans leur ADN, notamment la résilience face au changement climatique. Il ne leur est pas difficile de comprendre l'importance de ce concept, c'est pourquoi nous constatons un véritable engagement en faveur de la résilience et de la fourniture d'informations de la part des institutions financières. Je parlerai peut-être un peu plus tard de ce que nous observons dans les petites et les grandes institutions, car oui, il y a une différence.
Lindsay Walton : Merci beaucoup, je vous remercie de nous avoir fait part du point de vue de toutes vos parties prenantes. Wendy, je vais maintenant vous donner la parole. Au vu de tout ce que nous venons d'entendre, les entreprises canadiennes doivent relever des défis importants, mais elles peuvent également saisir des occasions considérables. Dans cette transition vers une économie à faible intensité de carbone et dans la concurrence pour les capitaux mondiaux, comment le CCNID aide-t-il les entreprises canadiennes et leurs investisseurs à répondre à l'impératif du marché en matière d'information sur la durabilité sans imposer de charge administrative excessive à l'un ou l'autre groupe, et comment cela renforce-t-il la compétitivité du Canada?
Wendy Berman : Je pense que la première chose que nous avons faite a été d'examiner la base de référence mondiale et d'y apporter des modifications afin de refléter le caractère unique du marché canadien. Nos normes prévoient donc des périodes de transition plus longues pour les fournitures d'informations problématiques, à savoir les émissions de GES du champ d'application et l'analyse de scénarios. Nous avons donc ajouté cela. Nous avons également une version canadienne des mécanismes de proportionnalité. Avec ces deux éléments en place, nous disons au marché : « Tout va bien. Renforcez vos capacités dans ces domaines et continuez de le faire afin d'être prêts à entrer sur le marché mondial. »
J'aime donc qualifier nos normes de « ticket d'entrée ». Cette idée m'est venue hier lors d'une autre conférence, et je pense qu'elle est pertinente. Nous sommes le ticket d'entrée pour jouer sur le marché mondial, car nous sommes en phase avec ces aspects uniques qui reflètent le marché canadien. Je pense que ce que nous faisons au CCNID, et pour être un peu dans la provocation, il ne s'agit pas d'une pause, mais d'un pivot.
Et donc, conscients du contexte politique et réglementaire auquel sont confrontées les entreprises canadiennes, nous nous lançons dans un programme de sensibilisation très proactif et amélioré afin de pouvoir ouvrir ce canal d'écoute bidirectionnel. Quels sont les véritables points faibles et les véritables obstacles à la mise en œuvre de ce programme? Lorsque l'on examine une grande partie de la fourniture d'informations, il s'agit essentiellement de communiquer votre structure de gouvernance sur la manière dont vous avez mis en place ces mesures de durabilité. Comment abordez-vous l'évaluation des risques et des possibilités? Dites-le. Comment gérez-vous cela? Quelle est votre stratégie de gestion liée à ces risques? Et je laisserai les mesures, car c'est là que nous avons beaucoup de discussions.
Les mécanismes de proportionnalité sont donc très importants, car ils disent aux entreprises : « Avec vos compétences, vos ressources et votre expertise, fournissez vos informations. » Et, vous savez, mon analyse ou mon analogie est peut-être très simpliste, mais si l'on regarde ce qu'a fait le Canada en tant que chef de file dans le domaine des estimations des ressources et des réserves, je veux dire, nous sommes une économie fortement orientée vers les ressources extractives. Mais nous avons connu une période où il n'y avait aucune confiance dans ce que nous avions dans le sol et dans la manière dont nous allions l'extraire de manière rentable. Et nous avons créé une norme mondiale de référence dans ce domaine, couvrant toutes les phases d'évolution, de l'exploration au développement et à la production. Comment fournissez-vous des informations concernant ce que vous pensez avoir en réserve pour l'avenir?
J'utilise donc les informations sur la durabilité de la même manière. Nous parlons ici des risques et des possibilités à court, moyen et long terme pour votre entreprise. Vous n'avez pas besoin d'être parfaits. Vous devez être rigoureux. Et si vous communiquez cette rigueur et que vous mettez en lumière les principales hypothèses, comme le préconisent nos normes, alors c'est ce que vous transmettez au marché. Le concept de communication à certains et pas à d'autres, comme l'a souligné Grant, est vraiment problématique pour l'efficacité des flux de capitaux. Et c'est ce qui pourrait se produire en raison des vents contraires politiques auxquels nous sommes confrontés.
Nous essayons donc d'éviter que cela ne se produise en engageant le dialogue. Nous collaborons également avec les normalisateurs nationaux à l'échelle mondiale afin d'apprendre de leur expérience. Certains sont plus avancés que nous dans ce domaine. À un moment donné, j'ai pensé que le Canada était en avance. Pas vraiment. Mais, vous savez, d'autres sont plus avancés dans leur parcours. Et c'est formidable, car nous pouvons examiner ce qu'ils ont fait de mal, ce qui a échoué, ce qui a réussi. Cela ne fonctionnera peut-être pas sur notre marché, mais examinons tout de même la question.
Et j'ai été très motivée par la volonté des autres autorités de réglementation, des autorités de réglementation financière et des normalisateurs de faire part de leurs connaissances. Ces conversations ont donc été très enrichissantes. Et cela nous donne beaucoup à réfléchir sur la suite. De quelles indications avons-nous besoin? Quels outils sont disponibles? Que pouvons-nous exploiter dans le secteur lui-même pour que notre marché, qui est principalement composé de petites et moyennes entreprises, ne relâche pas ses efforts pendant cette pause réglementaire? Pour qu'il continue à renforcer ses capacités et à se préparer à fournir ces informations?
Pouvons-nous donc tirer des enseignements, par exemple, de l'analyse des scénarios climatiques ou des données sur les rendements liés aux risques climatiques du BSIF? Pouvons-nous utiliser ces enseignements et les adapter à chaque secteur ou à chaque entreprise en fonction de leur taille? J'ai toujours été très fière de notre capacité, au Canada, à innover. Alors, mettons toute cette énergie à profit. Beaucoup de gens comprennent la technologie. Je n'en fais pas partie. Et nous pouvons utiliser la technologie à notre avantage afin de faciliter l'entrée des petites et moyennes entreprises dans ce domaine, leur permettre de générer des revenus et de participer aux chaînes de valeur mondiales, car elles disposent du minimum d'informations nécessaires pour jouer le jeu.
Si l'on examine la situation actuelle, l'ISSB (International Sustainability Standards Board) a publié un rapport indiquant qu'environ pays vont imposer des obligations d'information conformes aux normes de l'ISSB. Cela représente environ % du PIB mondial. C'est assez impressionnant. Donc ça veut dire que oui, il y a un ticket d'entrée, et qu'on doit être là. Et nous ne serons pas là demain. Et une grande partie de ce qu'ont dit Peter, Grant et Hugo est vraie. Nous ne serons pas là demain. Mais nous ne pouvons pas ralentir. Nous devons continuer de renforcer nos capacités pour collecter les données. Et nous devons également reconnaître que nous ne devons pas mourir sur l'autel de la perfection.
Nous parlons ici d'une perspective à ou ans. Nous sommes très doués pour fournir des informations prospectives sur les marchés financiers canadiens. Parce que nous reconnaissons que ce n'est pas parfait et que c'est votre meilleure estimation à l'heure actuelle. Et tant que vous mettez en lumière les hypothèses qui ont conduit à cette conclusion et la rigueur avec laquelle vous l'avez obtenue, je pense que vous avez déjà parcouru plus des trois quarts du chemin. Et c'est ce dont nous avons besoin en ce moment. Et avec le temps, les méthodologies, la disponibilité des données, tout cela s'améliorera.
Et quand j'ai lu le rapport sur les risques climatiques, l'une des rares personnes peut-être à l'avoir lu page par page, non, je plaisante. Beaucoup de gens l'ont lu page par page. Il présentait une histoire très intéressante sur le chemin parcouru dans cette quête de données de qualité qui nous aident à prendre des décisions éclairées sur la marche à suivre pour votre organisation. Et non pas dans une approche alarmiste, mais en considérant cela comme une occasion. C'est donc ce que je pense que nous faisons au CCNID.
Et puis, l'autre voix qui n'a traditionnellement pas été entendue au Canada est celle des Autochtones. Nous cherchons donc des moyens de renforcer et d'intégrer les voix, les droits et les intérêts des Autochtones dans tout ce que nous faisons au CCNID, dans tous les aspects des activités d'établissement des normes, car nous reconnaissons que nous avons beaucoup à apprendre et à gagner en ajoutant cela à ce que nous faisons.
Lindsay Walton : Merci beaucoup, Wendy. J'aime cet optimisme. Je pense que tout le monde dans cette salle est ici parce qu'il vit dans l'optimisme. Je vous en remercie. Je vais vous poser une autre question facile. La taxonomie. En bref, en quoi une taxonomie canadienne des investissements durables bénéficierait-elle d'une obligation de fournir des informations par rapport au statu quo?
Wendy Berman : Ces deux éléments sont donc des piliers essentiels de la finance de transition. Et donc, à mon avis, l'un ne peut exister sans l'autre. J'ai donc été très heureuse de voir que le gouvernement fédéral soutient l'élaboration d'une taxonomie canadienne. J'ai ressenti une certaine jalousie lorsque l'Australie a repris tout le travail acharné qui avait été accompli pour créer un cadre pour une taxonomie canadienne et l'a mis en œuvre, nous devançant ainsi. Mais nous pouvons apprendre d'eux. Je pense donc que la taxonomie est un élément vraiment essentiel, car au Canada, la notion de finance de transition et de finance durable s'accompagne d'une multitude de possibilités et de risques. Nous devons donc nous y attaquer. Et la taxonomie signifie simplement que nous appelons tout de la même manière et que nous reconnaissons ce que c'est. Mais la taxonomie ne peut pas fonctionner sans fournir d'informations sur la durabilité. Cela n'a aucun sens. Une entreprise ne peut pas obtenir cette étiquette sans se conformer à un cadre tel que nos NCID et Les deux vont donc de pair.
Lindsay Walton : Merci beaucoup, Wendy. Nous vous rendons l'antenne, Peter. Avec l'entrée en vigueur cette année de certaines directives B-relatives à la fourniture d'informations climatiques et aux attentes en matière de gouvernance pour les petites et moyennes institutions de dépôt et autres assureurs, comment le BSIF aide-t-il les organisations à répondre à ces attentes? Et en quoi ces attentes profitent-elles à ces institutions dans le contexte plus large de l'écosystème financier, dans le cadre de la transition vers une économie à faible émission de carbone?
Peter Routledge : Eh bien, vous avez raison. Et je commencerai ma réponse en disant que nous avons échelonné la mise en œuvre des exigences de la directive B-de manière proportionnelle. Nous avons demandé aux grandes institutions disposant de ressources plus importantes de commencer en premier. Puis, un an plus tard, les petites institutions commenceront à appliquer la directive. C'est en quelque sorte la vision d'ensemble que vous essayez d'avoir pour être proportionnel.
Et puis, lorsque nous travaillons avec les petites institutions sur ce sujet, et généralement nous le faisons au quotidien, notre équipe travaille avec la direction, mais d'une institution à l'autre, nous travaillons avec les conseils d'administration. C'est en quelque sorte là que j'interviens. Lorsque nous discutons avec les conseils d'administration de petites institutions et qu'ils expriment leurs inquiétudes en disant « vous nous en demandez beaucoup. Nous n'avons pas beaucoup de ressources. Nous n'avons pas un bilan d'un billion de dollars. Allez-vous nous rendre la concurrence trop difficile? »
Notre premier message est de dire : « Non, ce n'est pas notre intention. Notre objectif est de vous aider à adopter une approche progressive pour mesurer ce risque, car nous savons qu'une fois que vous l'aurez mesuré avec précision, vous et vos parties prenantes serez en mesure de prendre des décisions éclairées sur la manière de gérer ce risque financier. Aidez-nous donc à vous aider. Aidez-nous à comprendre comment certains des principes généraux énoncés dans la directrice B-peuvent être appliqués dans votre établissement sans que cela vous impose une charge excessive dans l'immédiat. Cela vous servira de catalyseur, à vous et à votre organisation, pour mieux mesurer et évaluer ce risque. »
Et lorsque nous examinons les risques financiers liés au changement climatique, ce qui est notre travail, nous ne participons pas au débat public sur cette question, même si parfois, nous sommes invités à intervenir dans la sphère publique. Ce que nous devons faire, c'est veiller à ce que notre système financier soit capable de gérer et d'absorber avec résilience les risques financiers liés aux risques physiques et aux risques de transition.
La bonne nouvelle, c'est qu'aujourd'hui, il ne s'agit pas d'un risque pour la stabilité financière, mais le risque lui-même augmente de manière non linéaire. Et cette non-linéarité touche aussi bien les grandes institutions que les petites.
Au cours des prochaines années, en mettant en œuvre la directive B-dans le cadre de nos activités de surveillance régulières, nous allons encourager une réponse rapide, du moins relativement parlant, au sein du système financier. Nous travaillerons ensuite pour que cette réponse soit gérable dans le cadre des modèles économiques et des stratégies des institutions que nous supervisons. Il y a beaucoup de frictions, et certains disent que nous allons trop loin, mais nous essayons d'être empathiques d'un côté et de respecter nos principes en matière de risque de l'autre. Nous faisons constamment des compromis, et nous espérons que la plupart d'entre eux seront les bons.
Lindsay Walton : Super. Merci beaucoup. Nous avons fait part de votre travail sur la directive B-à l'interne au sein du PRI et partout dans le monde.
Nous vous en sommes donc très reconnaissants. À vous, Grant. La CSA a suspendu en avril ses travaux sur les règles relatives aux changements climatiques et à la diversité et a indiqué qu’elle allait suivre l’évolution de la situation. Vous avez clairement indiqué que cette suspension n’était pas indéfinie. Y a-t-il eu des progrès qui indiquent qu’il serait peut-être temps de revoir ces règles? Ensuite, outre la réglementation, que fait la CVMO pour garantir l’accès des investisseurs aux informations sur les risques et les possibilités importants en matière de durabilité auxquels font face les préparateurs?
Grant Vingoe : Eh bien, en ce qui concerne la durée de la pause, il s’agissait d’une pause indéfinie. Nous devions être certains que le marché ne ferait pas marche arrière en peu de temps. Cela devait être temporaire, et nous attendons le moment approprié de relancer la discussion sur l’intégration des normes du CCNID dans les dispositions obligatoires. Nous sommes toujours dans un environnement où l’on parle beaucoup des vents contraires, de l’intégration des marchés des valeurs mobilières canadiens et américains. On se demande si les États-Unis continueront à reconnaître pleinement les normes IFRS pour les émetteurs étrangers, en raison de l’engagement de l’IFRS Foundation en faveur de l’information sur la durabilité. Il y a donc un discours sous-jacent selon lequel il est encore très difficile pour les marchés intégrés, les marchés nord-américains, d’adopter pleinement les obligations d’information liées à la durabilité et aux changements climatiques.
De plus, les entreprises canadiennes, et je pense que cela justifie notre approche volontaire, voient de nouvelles occasions de mobiliser des capitaux et de nouvelles sources de capitaux en dehors de l’Amérique du Nord qui contribueront à justifier l’effort, d’abord volontaire, puis obligatoire. C’est à prouver. Les marchés financiers américains sont si importants que de très nombreux émetteurs considèrent encore que, pour devenir le principal moteur, il est essentiel d’attirer les investisseurs américains. Ça reste à démontrer. Parallèlement à l’engagement fort envers la diversification des occasions commerciales, et malgré la profondeur des marchés américains, de nombreux acteurs s’efforcent de diversifier les occasions de mobilisation de capitaux en Europe et en Asie.
Si on adopte cette voie, cles pays et territoires vont exiger que nous nous conformions à la norme mondiale pour accéder à ces sources de capitaux. Donc, en attendant, nous surveillons la situation à l’échelle mondiale. Nous avons déjà des prises de position sur l’information significative liée aux changements climatiques et sur la manière dont elle doit être fournie lorsqu’elle peut être trompeuse. Et nous avons des obligations d’information liées aux changements climatiques, mais il s’agit d’indications qui s’inspirent des principes fondamentaux d’importance relative et exigent la fourniture d’information sur les risques et les possibilités.
Nous examinons les informations fournies par les émetteurs dont nous sommes responsables afin de vérifier leur conformité avec ces normes liées à l’importance relative. Nous sommes attentifs aux risques liés à l’écoblanchiment et à l’écomutisme. L’une des principales pertes de confiance se produit quand les gens fournissent des informations trompeuses sur leurs engagements ou des informations incomplètes, des demi-vérités sur ce qu’ils disent au sujet des informations à fournir en lien avec les changements climatiques. Ce point est une priorité.
Parallèlement, pendant la pause, nous nous concentrons sur la manière dont nous pouvons encourager les entreprises à être plus ambitieuses dans les informations qu’elles fournissent. Et nous réfléchissons à la nécessité de mettre en place des mesures de protection spécifiques contre les risques de responsabilité étendus qui, au moins dans un premier temps, encourageront les entreprises à fournir des informations plus exactes, plus précises, mais aussi plus ambitieuses. Nous sommes très au fait de la situation à l’échelle mondiale quant au choix du moment opportun d’aller de l’avant avec les obligations d’information.
Lindsay Walton : Merci beaucoup, Grant. Merci pour votre réponse. Hugo, je vais vous poser la même question. Pouvez-vous nous parler un peu de la situation au Québec? Selon vous, y a-t-il eu des progrès indiquant qu’il serait peut-être temps de revoir les obligations d’informations en lien avec les changements climatiques?
Hugo Lacroix : Pour être clairs, en tant qu’autorité de réglementation intégrée, nous sommes à la fois un organisme de réglementation des accréditations et du marché. Nous n’avons pas interrompu notre travail et nous restons en communication avec nos collègues du BSIF pour ce qui touche la réglementation prudentielle. Dans le cadre de l’ACVM, nous avons suspendu nos activités liées aux obligations d’informations, c’est-à-dire le travail concernant l’obligation d’informations des émetteurs. Une pause implique la reprise des activités à un moment donné. Et lors de cette reprise, on reprend là où on s’est arrêté, c’est-à-dire près de la ligne d’arrivée.
Je dois dire que je suis satisfait de ce que j’ai vu la semaine dernière dans le dernier rapport du cabinet Millani de Montréal. Je pense que les émetteurs ont compris la raison de cette pause et son concept. Si je dis cela, c’est parce que je pense qu’ils ont entendu votre message, Wendy. Les trois quarts des sociétés cotées à la bourse de Toronto qui font partie de l’indice composé S&P/TSX publient des informations sur la durabilité. C’est le taux le plus élevé depuis… Et les deux tiers font référence aux normes IFRS Set S. Ils ont donc bien compris que les normes du CCNID basées sur les normes de l’ISSB sont les normes à respecter. Je suis presque sûr qu’ils sont également conscients de l’annonce de l’ACVM, qui indique que la norme du CCNID est la voie à suivre, la norme à ne pas manquer.
Participant : C’est notre nouveau slogan.
Hugo Lacroix : Alors pourquoi ne pas reprendre ces activités? Je pense que c’est prématuré. Pourquoi? Parce que les raisons de la pause, c’est-à-dire de donner aux émetteurs le temps d’évaluer les changements et d’assurer la prévisibilité, nécessitent un climat plus calme. Et il y a des changements, des changements réglementaires, politiques et géopolitiques. On s’y fait, mais ils se produisent encore cette semaine, et le seront certainement encore la semaine prochaine. Il serait donc prématuré de se prononcer, car la situation est toujours en cours. Je partage entièrement l’avis de Grant. Nous nous efforçons d’être prêts dès que possible à reprendre nos activités.
Lindsay Walton : Nous attendrons la reprise. Merci beaucoup. Je vous redonne la parole, Peter. En septembre, l’AMF et le BSIF ont publié les conclusions de l’exercice normalisé d’analyse de scénarios climatiques. Pouvez-vous nous parler un peu de la situation actuelle et de ce que vous pensez qu’il faut faire pour que les institutions prennent en compte les risques climatiques et s’y préparent?
Peter Routledge : Merci. Je regarde mon ami Hugo et je lui dis ceci. L’une des choses dont je suis le plus fier, l’une de mes plus grandes réalisations en tant que surintendant, et je pense qu’Yves Ouellette, en tant que PDG de l’AMF, serait d’accord avec moi : c’est un excellent exemple de coordination et de collaboration entre le gouvernement fédéral et les provinces. Nous avons des compétences différentes, mais nous protégeons la même population canadienne, et elle s’attend à ce que nous travaillions ensemble. Je suis très fier de ce que nous avons accompli à cet égard.
L’exercice normalisé d’analyse de scénarios climatiques a été le fruit d’un travail d’une année, mené par mon ami Stéphane Tardif, ici présent, au BSIF, en collaboration avec l’AMF, afin de nous rendre dans les institutions que nous réglementons et leur présenter des scénarios climatiques terribles à long terme, et leur demander : « Êtes-vous prêts à les gérer? Et voici d’autres scénarios moins catastrophiques ». Nous n’allons pas le faire chaque année, mais nous allons en faire un exercice assez régulier où nous demandons aux institutions que nous supervisons de faire preuve d’imagination. Ce faisant, nous espérons améliorer leur préparation et, surtout, cibler les faiblesses.
Et ce que nous avons remarqué, c’est que les faiblesses varient d’un secteur à l’autre. L’assurance de dommages est donc très en avance en termes de compréhension des risques physiques. Les trois quarts des entreprises de ce secteur utilisent déjà la géolocalisation afin de mesurer plus précisément les risques liés aux incendies de forêt et aux inondations. Je pense que cela concerne environ % des banques. % contre %. C’est un écart très, très important.
Je pense que les institutions qui ont compris, par exemple, les banques, eh bien, les sociétés d’assurance de dommages, qui essaient de faire des bénéfices pour leurs actionnaires tout comme nous, investissent vraiment dans ce domaine pour protéger ou gérer leurs risques commerciaux. J’ai ce bien affecté en garantie près d’une zone inondable ou d’une zone de feux de forêt dans certaines régions du Canada. Et je ne comprends pas assez bien l’importance de ce risque pour cette garantie particulière ou pour notre bilan de manière plus générale.
L’exercice va donc nous permettre d’améliorer notre capacité à mesurer les risques liés aux changements climatiques en tant que risques financiers. Ensuite, en cas de lacunes, les conseils d’administration voudront inciter leurs équipes de direction à aller de l’avant et à évaluer ce risque de manière plus efficace. En améliorant nos compétences, notre système permettra de gérer ce risque plus efficacement. À mesure que vous évaluerez le risque plus efficacement, les conseils d’administration et les équipes de direction prendront des décisions intelligentes sur la manière d’investir pour contrer ce risque.
C’est là toute la beauté du capitalisme de marché à l’œuvre. C’est ce que nous essayons de mettre en place avec ces exercices. Il ne s’agit pas d’une charge réglementaire visant à augmenter les coûts dans la poursuite de vertu. Ce qui nous intéresse, c’est de créer une discipline de gestion et de mesure des risques afin d’élever, d’améliorer et de maintenir la valeur pour les actionnaires. Et lorsque nous faisons cela, les actionnaires sont satisfaits. Les créanciers, les assurés et les détenteurs d’obligations sont satisfaits. Les intérêts sont alignés.
Lindsay Walton : Super. Merci beaucoup. C’est un excellent rapport. Je vais maintenant demander à Hugo de nous faire part de ses commentaires. Pouvez-vous nous parler un peu de la manière dont les institutions québécoises abordent et se préparent aux risques climatiques?
Hugo Lacroix : Oui, bien sûr. Nous sommes d’accord sur l’importance de la collaboration. Merci pour votre commentaire, Peter. Je pense que plus de institutions ont participé à l’exercice. ont participé. Un certain nombre d’entre elles étaient basées au Québec. Nous avons beaucoup appris. Je pense que cela vaut également pour nous, en tant qu’autorités de réglementation. Cet exercice a été très utile.
Je ne pense pas surprendre personne en disant que certaines institutions sont impressionnantes par leurs capacités et leur état de préparation. Certaines d’entre elles ont déjà intégré cela dans leur modèle économique, leur tarification et leur gestion des risques. Pour d’autres, c’était leur première expérience d’exercice normalisé d’analyse de scénarios. Je pense donc qu’il est utile de prendre conscience de cela.
Les leçons tirées par les autorités de réglementation peuvent également être utiles à la communauté. Lorsque vous disposez de données plus granulaires, la qualité s’améliore. Il est difficile d’obtenir un ensemble de données de qualité sur les incendies de forêt et les inondations. Mais vous savez quoi? Cela en vaut quand même la peine. L’exercice est toujours instructif. Et vous progressez en faisant ces exercices. Et ensuite, la qualité suivra. Il y a ici un cercle vertueux.
Je n’ai entendu personne dire : « Oh, nous aurions dû attendre d’avoir un ensemble de données parfait ». C’est donc une leçon à retenir. Je pense que le secteur a désormais une meilleure idée de sa situation en termes de risques physiques et transitionnels, et des lacunes qui subsistent. Et pour la suite, nous utiliserons certainement ces données, ces résultats, dans le cadre de notre supervision, de manière très proportionnée, afin d’améliorer notre préparation. Je pense que c’est là où nous en sommes en termes d’objectif pour la suite.
Lindsay Walton : C’est super. Merci. Je comprends bien le principe : il suffit de se lancer et on trouve les solutions au fur et à mesure. Il suffit d’aborder le processus avec rigueur, d’être prêt à itérer et à travailler ensemble, et vous finirez par trouver la solution et découvrir des informations que vous n’aviez jamais vues auparavant et que vous êtes maintenant heureux d’avoir découvertes, comme votre répartition géographique. Bonne nouvelle.
Nous passons maintenant aux occasions et nous éloignons des risques. Eh bien, je suis un gestionnaire de risques dans l’âme. C’est donc une mauvaise nouvelle pour moi. J’aime bien le côté risques. Très bien. Passons aux occasions. On entend beaucoup parler des risques liés à la durabilité, mais le Canada se trouve à un moment charnière. Notre économie riche en ressources nous offre l’occasion de jouer un rôle de premier plan dans la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.
Et je pense que tout le monde a vu ce rapport, le rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié en juin. Nous avons tous cité les investissements de billions de dollars dans les technologies propres cette année. Ce montant devrait doubler celui des investissements dans les combustibles fossiles, de billion de dollars. J’aimerais donc entendre chacun de nos panélistes s’exprimer à ce sujet en cette période cruciale. Comment votre organisation aide-t-elle le Canada à rester concurrentiel afin de tirer profit de la transition mondiale vers une économie à faibles émissions de carbone? Et comment votre organisation surmonte-t-elle les difficultés externes tout en continuant à se concentrer sur le soutien aux organisations dans les domaines les plus importants? Qu’il s’agisse d’obligations d’information, d’une taxonomie, d’une planification de la transition ou des trois.
Wendy, je vais commencer par vous.
Wendy Berman : Je pense que notre principale tâche consiste à travailler d’arrache-pied pour faire passer le message sur les occasions et aller au-delà de ces difficultés passagères, car elles ne sont que temporaires. Donc, si vous changez de discours et que vous parlez de valeur, et que vous abordez cela comme n’importe quelle autre occasion commerciale ou risque que vous devez examiner en tant qu’organisation, sans agenda social ou judiciaire, mais simplement comme une affaire commerciale. Je pense que c’est important.
Et puis, lorsque vous commencez à extraire des données, parce que nous pouvons voir d’autres pays qui sont en avance sur nous, qu’advient-il de votre coût du capital ajusté au risque lorsque vous faites preuve de transparence, lorsque vous inspirez confiance en montrant que vous êtes attentif à cet objectif et à ce que cela va apporter à votre entreprise? Nous commençons à voir des preuves très solides que le coût du capital ajusté au risque diminue. Nous commençons à voir des entrées de capitaux dans les pays avant même la mise en place du régime obligatoire, qui se fera prochainement.
Qu’est-ce que cela nous apprend? Que les spécialistes en répartition de capitaux se sentent rassurés par le fait que ces pays et territoires, et les entreprises qui y sont implantées, examinent la question et l’abordent avec rigueur. Je pense donc qu’il est très important de développer ce discours. Nous devons également élargir notre champ de vision. Nous devons regarder au-delà de nos frontières, comme d’autres l’ont mentionné ici.
Lorsque nous examinons les chiffres relatifs aux énergies propres, lorsque nous examinons les pays, huit de nos dix principaux partenaires commerciaux ont ou auront à court terme des obligations d’information en matière de durabilité, huit sur dix. C’est donc un chiffre significatif. Quand on regarde… On a longtemps pensé que c’était une initiative européenne. Ce n’est absolument pas une initiative européenne. Regardez ce qui se passe en Asie. La Chine va bientôt rendre obligatoire l’information à fournir en lien avec les changements climatiques. D’autres pays, comme le Japon, Hong Kong et le Brésil, commencent à converger vers cette tendance, ce qui montre plus clairement que jamais qu’il s’agira là du minimum requis pour accéder aux capitaux ou aux revenus.
Nous nous concentrons sur les capitaux, mais nous devrions également nous concentrer sur les revenus, qui sont le moteur de la croissance économique. C’est ce que nous devrons faire. Nous cherchons donc à changer de discours à mesure que nous pivotons, sans faire de pause. J’aime beaucoup cette idée de pivoter sans faire de pause. Et nous pouvons tous être en désaccord sur la nécessité ou non de cette pause. Il y a un moment où nous devrions lever la pause.
Mais ce que je veux dire, c’est que, au nom du CCNID et de mon point de vue en tant qu’organisme de normalisation indépendant, nous reconnaissons qu’il n’est pas facile de décider si le moment est venu ou non. Et nous pouvons être en désaccord sur le fait de savoir si c’est le bon moment. Mais ce que je souhaite pour l’avenir du Canada, c’est que nous continuions à renforcer nos capacités.
L’autre chose que nous faisons, c’est que ce n’est pas une opération ponctuelle. Nous n’en avons pas fini avec IFRS Set S. Il y en aura d’autres. Il y aura des modifications à IFRS S. En fait, nous publierons prochainement un exposé-sondage. Nous devons donc rester en contact avec le milieu des affaires, les marchés financiers et les autorités de réglementation afin de pouvoir discuter entre nous et trouver la meilleure solution canadienne pour les changements mondiaux apportés aux normes existantes.
L’ISSB va publier des normes supplémentaires. Il a annoncé que d’ici octobre il disposera d’une norme sur les obligations d’information relative à la biodiversité et d’une norme sur le capital humain. C’est donc en cours. Et nous devons nous assurer que les entreprises canadiennes sont prêtes à y faire face également. Il s’agit donc de veiller à ce que nous ayons un poids supérieur à notre taille, un poids amplifié par rapport à notre population et à la taille de nos marchés financiers à la table internationale. C’est donc une priorité pour nous au CCNID.
Lindsay Walton : Merci, Wendy. Peter, qu’en pensez-vous?
Peter Routledge : Jusqu’à présent, notre travail sur les changements climatiques repose sur quatre piliers. La ligne directrice B définit les principes réglementaires pour la gestion des risques. Nos rapports réglementaires, nos rapports de données, les exercices de simulation que nous menons, puis la supervision bilatérale, dont nous avons parlé. Nous pourrions faire autre chose. Ces quatre piliers sont essentiellement axés sur les risques.
Eh bien, avec le risque, il y a le rendement et les occasions. Les occasions ici dans les énergies renouvelables. Nous aimerions vraiment disposer d’une taxonomie liée aux changements climatiques acceptée que nous pourrions ensuite utiliser pour évaluer les occasions qui découleront du changement climatique. Et nous sommes tout à fait disposés à réfléchir à la manière dont notre conception du capital pourrait évoluer si nous disposions d’une norme acceptée, que nous appelons familièrement une taxonomie verte. Ce serait un énorme avantage pour nous à l’heure actuelle, et ce serait le cinquième pilier. C’est ce dont nous avons besoin.
Lindsay Walton : Vert ou vert et transition?
Peter Routledge : Quand je dis vert, je veux dire « vert et transition ». Je ne veux donc pas nier la transition.
Lindsay Walton : Très bien. Je voulais juste que l’appel à l’action soit clair. Nous avons besoin des deux. Merci à tous. D’accord. Je passe la parole à Grant.
Grant Vingoe : Je pense que le Canada a évidemment une formidable occasion de montrer, grâce à ses solides entreprises minières et de ressources et à d’autres entreprises qui sont confrontées à des risques et à des possibilités, qu’il peut faire les choses différemment. Et vraiment démontrer au monde entier qu’il s’engage à faire progresser la technologie, à gérer ces risques et à proposer de nouvelles offres.
Le Canada dispose du capital intellectuel nécessaire pour être à l’avant-garde dans la résolution de ces problèmes. Et à la CVMO, vous savez, nous sommes vraiment déterminés à disposer en interne de l’expertise nécessaire pour travailler avec ces entreprises et les aider à se faire une place sur le marché. Et notre nouveau plan stratégique prévoit un changement : outre notre rôle d’autorité de réglementation totalement neutre, nous souhaitons également, dans le contexte actuel, contribuer à l’édification du Canada.
Et dans ce domaine particulier, le Canada peut se distinguer des États-Unis. Il peut trouver l’accès à de nouvelles sources de capital. Et nous allons mettre les ressources de la CVMO à la disposition des entreprises canadiennes pour leur permettre de saisir cette occasion, notamment grâce à des informations à fournir de haute qualité, ambitieuses, et, à terme, au respect des normes mondiales.
Je vois donc le début d’une occasion de nous différencier et de nous aligner sur les nombreux pays et territoires qui ont adopté la norme mondiale et qui saisissent cette occasion. Je pense qu’une taxonomie verte et de transition élaborée au Canada sera d’une grande aide pour les entreprises canadiennes à l’échelle mondiale qui ne comprennent pas pleinement la transition en cours au Canada.
Et nous, à notre tour, en collaboration avec le CCNID, pouvons faire beaucoup plus en matière de plans de transition et d’obligations d’information sur la manière dont les entreprises vont s’adapter aux nouvelles circonstances et respecter leurs engagements en matière de carboneutralité. Je pense donc que ce sera une piste très importante à explorer pour envisager des informations à fournir supplémentaires à l’avenir.
Même s’il peut sembler que la CSA n’ait pas pleinement adopté les normes du CCNID, je tiens à dire que nous sommes de fervents partisans du CCNID et que nous croyons sincèrement qu’il est indispensable. C’est la solution. Et nous voulons construire une infrastructure à partir de cela pour encourager les entreprises canadiennes dans ce domaine.
Lindsay Walton : Eh bien, c’est une excellente nouvelle. Merci beaucoup. Et enfin, Hugo.
Hugo Lacroix : La question est donc : que pouvons-nous faire? Que pouvons-nous faire pour aider en tant qu’autorité de réglementation? Une politique sociale? Non. Une politique environnementale? Non. Ce n’est pas ça. Ce n’est pas l’objet de cette table ronde. Une politique publique? Non. De la réglementation? Avons-nous dit que nous faisions une pause? Nous faisons une pause. Nous changeons de direction. Nous n’avons certainement pas battu en retraite. C’est important aussi.
Mais oui, il y a encore des choses que nous pouvons faire. Nous pouvons suivre l’évolution de la situation. Nous pouvons surveiller. Et c’est le plan. Le plan consiste à s’assurer que, même si nous avons suspendu les obligations d’information, nous n’avons pas reculé. Les émetteurs n’ont pas reculé non plus. Il y a donc certaines obligations d’information. Il y a des choses à surveiller, à contrôler, pour s’assurer qu’elles sont conformes aux exigences obligatoires et à ce qui est facultatif.
Je pense qu’il y a un travail à faire pour une autorité de réglementation du marché afin de s’assurer que tout cela est cohérent et d’agir contre tout écoblanchiment qui pourrait avoir lieu. Voilà, je pense, ce que nous pouvons faire. À court terme, cette pause a contribué au caractère concurrentiel de notre marché. À très court terme même. À long terme, je pense que c’est… ce que nous pouvons faire… J’ai commencé par quelques mesures que nous ne pouvons pas faire. Ce n’est pas dans notre mandat.
Mais ce que nous pouvons faire en tant qu’autorité de réglementation, c’est instaurer la confiance et la transparence. Cela s’est avéré être une recette efficace pour la concurrence au sein des marchés financiers. À l’heure actuelle, je pense que les émetteurs ont également un rôle à jouer. Les conseils d’administration ont aussi un rôle à jouer et doivent réfléchir à leurs décisions.
Est-ce qu’ils décident d’attendre? Décident-ils d’être prêts lorsque nous sommes en pause? Ou décident-ils de prendre les devants? Car ils en sont tout à fait capables. Ils ont un cadre crédible et de qualité au Canada. Et une dernière chose concernant la taxonomie. Je pense que nous sommes, encore une fois, sur la même longueur d’onde. Cela serait tout à fait conforme aux autres décisions que nous avons prises au Québec en matière d’harmonisation, soit d’utiliser des normes canadiennes, indépendantes et établies par des organismes crédibles. Et cela serait très utile.
Lindsay Walton : Super. Merci beaucoup. Nous arrivons à la fin de notre temps imparti, comme c’est souvent le cas dans ce genre de tables rondes. Avant de passer aux questions, je vais donc résumer certaines des choses que nous avons entendues. Chaque intervenant aura secondes pour ajouter ce que j’aurais pu oublier.
Donc, d’après ce que vous dites tous, voici la situation actuelle. Le marché est assez fragmenté, ce qui ne profite à personne. Le CCNID a été conçu pour le Canada en tenant compte des considérations relatives à la proportionnalité. Et cela concerne en grande partie la communication des risques et de la stratégie en matière de gouvernance liés aux changements climatiques. C’est assez important.
Il se peut donc que certaines parties prenantes obtiennent des informations à ce stade et d’autres non, ce qui n’est pas très efficace pour la circulation des capitaux. Au niveau international, nous avons pays, soit % du PIB mondial, qui mettent en œuvre les normes de l’ISSB, et de nos principaux partenaires commerciaux ont ou auront bientôt des obligations d’information.
Enfin, nous avons quelques annonces à faire concernant la taxonomie qui va être publiée, qui ne fonctionnera pas sans les obligations d’information. Donc, ce que j’entends également en termes de voie à suivre, de la part de tout le monde, je pense, c’est qu’il faut se lancer et être rigoureux, mais pas parfait. Il existe donc d’excellents exemples de projets pilotes de mise en œuvre dans de grandes institutions. Les grands émetteurs adoptent également les normes du CCNID. La plupart des émetteurs divulguent donc déjà certaines informations qui portent sur les changements climatiques.
Si vous avez ces projets pilotes avec de grands émetteurs bénéficiant d’une zone de sécurité, cela pourrait être une voie à suivre pour tout le monde. Je vais maintenant donner à chacun secondes pour ajouter rapidement quelque chose. Qu’est-ce que j’ai manqué? Peter, je vais commencer par vous.
Peter Routledge : Je pense simplement que l’adaptation aux changements climatiques est une question de politique publique importante qui doit être débattue dans l’arène publique. Pour le BSIF, les changements climatiques représentent un défi immense et une occasion pour notre système financier.
Et notre travail, nous avons utilisé la métaphore d’un pivot, je vais utiliser la métaphore de continuer à avancer jour après jour, pas après pas, kilomètre après kilomètre, pour faire progresser la maturité avec laquelle nous mesurons et comprenons les risques climatiques. C’est notre travail. Laissons l’arène publique et ses participants débattre de la politique climatique. Nous voulons simplement avancer progressivement, étape par étape, et ne pas relâcher nos efforts dans cette démarche. C’est notre travail.
Lindsay Walton : Merci. Grant, secondes.
Grant Vingoe : Juste deux petites remarques. La première, n’oubliez pas les investisseurs individuels. Ils pourraient avoir une approche différente du calcul du risque et des possibilités. Mais il existe un grand nombre d’investisseurs d’impact qui méritent des informations précises et non trompeuses.
Et nous avons publié plusieurs articles sur les comportements humains qui expliquent comment les sentiments peuvent être manipulés par un système de classement par étoiles ou par des informations imparfaites concernant l’étiquetage des produits dans le secteur des fonds, par exemple. Je pense donc, en tant qu’autorité de réglementation des marchés financiers, qu’il y aura également des retombées positives pour les investisseurs institutionnels, que nous devons également tenir compte des investisseurs d’impact qui souhaitent avoir une incidence positive sur l’environnement. Et leurs informations doivent également être exactes.
Et puis, j’insiste simplement sur le fait que, depuis quelques années, nous avons pour mandat de favoriser la formation de capital et la concurrence au sein des marchés. Et c’est un bon point de départ pour favoriser les domaines dans lesquels le Canada excelle, notamment les solutions innovantes aux changements climatiques.
Lindsay Walton : Super. Merci. Wendy, secondes pour commenter.
Wendy Berman : Je pense que je rejoins Peter. Je pense qu’il faut simplement continuer d’avancer. Et pour être claire, quand j’ai dit que le CCNID était en pleine mutation, c’est parce que nous ne pensions pas devoir mener une telle campagne de mobilisation pour encourager l’adoption par le marché, ce que je préfère largement à l’adoption volontaire.
Nous allons donc de l’avant et nous voulons que les organisations canadiennes fassent de même, car nous pensons que c’est dans l’intérêt public du Canada. Et donc, dernier point, ne travaillons pas en vase clos. Ne dressons pas de barrières. Travaillons ensemble. Je pense que c’est l’une des plus grandes forces du Canada.
Donc, même si nous ne sommes pas d’accord au sein de notre écosystème financier disparate ici au Canada, où nous avons plusieurs organismes de réglementation et entités gouvernementales, même si nous ne sommes pas d’accord, nous devons continuer à discuter et nous devons tous respecter le fait que nous essayons d’agir dans l’intérêt public canadien.
Lindsay Walton : Super. Et Hugo, un dernier mot avant de passer à quelques questions.
Hugo Lacroix : Je vais insister sur les raisons pour lesquelles nous faisons cela. Grant, vous avez mentionné les investisseurs et les consommateurs de produits financiers au Canada. Je pense qu’ils comptent sur nous, les autorités de réglementation, pour garantir la concurrence au sein du marché financier et des institutions financières.
Et pour favoriser la concurrence, il va y avoir un changement. Il va y avoir une transition. Et nous avons besoin que ce marché financier reste concurrentiel dans une économie à faibles émissions de carbone. C’est l’économie de demain.
Lindsay Walton : Merci beaucoup pour ces derniers mots. Ils étaient très inspirants. J’ai reçu quelques commentaires en ligne et nous aurons le temps d’en lire au moins un dans la salle si quelqu’un lève la main. Parmi les questions en ligne, un commentaire indique que la suspension des obligations d’information sur les changements climatiques va à l’encontre de l’objectif de protection des investisseurs. Cette suspension a privé les investisseurs d’informations cruciales sur les risques financiers liés aux changements climatiques et à l’absence de mesures d’atténuation de la part des émetteurs. Pouvez-vous commenter?
Grant Vingoe : Je dirais que nous disposons déjà de normes et d’indications pour garantir l’exactitude des informations fournies en matière de changements climatiques et de durabilité, et que nous les examinons actuellement. Ce qui est perdu, c’est potentiellement une base de référence uniforme. Mais ce qui n’est pas perdu, c’est notre engagement à éviter les informations trompeuses et notre souhait de favoriser la fourniture d’informations plus franches et tournées vers l’avenir. Ce n’est donc pas tout noir ou tout blanc. L’uniformité est perdue, mais nous restons centrés sur l’exactitude.
Wendy Berman : Je voudrais juste ajouter que je trouve la discussion d’aujourd’hui très utile. Lorsque nous avons tous lu le communiqué de presse annonçant une pause, nous ne savions pas trop ce que cela signifiait. Je pense donc qu’il incombe aux autorités canadiennes en valeurs mobilières d’être claires, comme elles le sont aujourd’hui, sur ce que cela signifie, afin que les organisations ne pensent pas que ce n’est pas important pour le moment et qu’elles ne se tournent pas vers autre chose. Elles doivent continuer à comprendre que cela reste important.
Lindsay Walton : D'accord. Très bien. Quelqu’un dans le public a-t-il une question? Sinon, je vais revenir aux questions en ligne. Non? Soyez courageux. En voici une.
Participant : Merci. Je me demandais, car on a beaucoup parlé de l’adoption par l’Australie et l’Asie des normes d’information alignées sur celles de l’ISSB, je me demandais si vous aviez un avis sur les États-Unis. Je sais qu’il y a évidemment des vents contraires ou de la fumée venant du sud, mais New York a adopté une loi alignée sur les normes de l’ISSB, qui a été suspendue. New York en a une à son programme législatif. Je me demandais donc comment cela s’inscrit dans votre réflexion sur ces questions.
Wendy Berman : Je pense qu’aux États-Unis, nous constatons une vision très fragmentée de la durabilité ou des informations à fournir liées aux changements climatiques. La Californie se démarque comme un leader dans ce domaine. Ce serait donc terrible si cela se passait état par état, comme c’est le cas actuellement.
Nous voyons donc les municipalités américaines être à l’avant-garde, ainsi que certains États. Nous ne constatons certainement pas de vision cohérente à travers les États-Unis. Et cela crée, et je parle maintenant en tant qu’autorité de réglementation des valeurs mobilières, mais cela crée beaucoup de confusion pour les entreprises canadiennes cotées sur les deux marchés, qui constituent la grande majorité des entreprises canadiennes cotées aux États-Unis, quant aux règles auxquelles elles doivent se conformer.
Bien sûr, j’ai une réponse facile, qui consiste à adopter les NCID et à s’y conformer. Et vous serez là où vous devez être. Je ne pense donc pas que nous aurons de clarification de la part des États-Unis avant un certain temps.
Peter Routledge : J’aimerais ajouter quelque chose. Étant donné que nous traitons des questions climatiques et internationales en permanence, et je vais citer notre Premier ministre, ou peut-être vais-je lui voler une citation, nous prenons connaissance de ce que font nos pairs internationaux, mais nous ne suivons pas leurs directives. Nous ferons ce qui est bon pour le Canada et le système financier canadien.
Hugo Lacroix : Et si je peux me permettre, ce ne sont certainement pas des informations sans importance. Je pense qu’il s’agit d’informations essentielles. Ce ne sont pas des informations que nous avons écartées de notre processus décisionnel. Et je dirais New York, la Californie, mais aussi des dizaines d’autres pays, plus de sont en train de se conformer aux normes de l’ISSB. Mais je pense, comme vous l’avez dit tout à l’heure, Grant, que c’est une zone grise. C’est pourquoi nous en sommes arrivés à la décision qui a été prise. Et c’est pourquoi nous affirmons avec certitude qu’il ne s’agit pas d’un concept figé, mais d’un concept qui évoluera.
Participant : Andrea s’est levée, alors j’ai pris le micro parce qu’il passait par là. Et je pense que ma question revient à quelque chose qui a été dit beaucoup plus tôt, à savoir que les investisseurs institutionnels obtiennent des informations plus franches lors de leurs réunions avec les entreprises. Et nous faisons partie de ceux-là.
Mais cela nous préoccupe. Parfois, nous devons dire : « Vous n’avez pas à nous donner ces informations, car il s’agit d’une communication sélective d’informations. » Ma préoccupation est donc la suivante : comment les autorités de réglementation en matière de sécurité comblent-elles cette lacune en matière de normalisation qui concerne les risques liés à la communication sélective d’informations? Ou vous n’êtes pas aussi préoccupés parce que vous ne pensez pas qu’il s’agit d’informations importantes? J’essaie de comprendre dans quel sens vous allez.
Grant Vingoe : Cela dépend des informations spécifiques communiquées, pour évaluer leur importance. Mais je pense qu’il n’y a rien… Je ne pense pas que nous ayons encouragé la communication sélective d’informations.
C’est vraiment le voile qui recouvre les divulgations d’information au grand public qui a été levé en raison de préoccupations liées à la responsabilité ou à la réputation au sud de la frontière et ailleurs. De notre point de vue, les informations importantes doivent être communiquées publiquement. Donc, lorsqu'il s'agit des investisseurs institutionnels, j’encouragerais les émetteurs avec lesquels ils travaillent, à prendre ces informations qui constituent des informations importantes et à les communiquer publiquement. Je ne pense donc pas que ce soit la réglementation en matière de valeurs mobilières qui soit dissuasive, mais plutôt les facteurs environnementaux et les préoccupations liées à la responsabilité civile.
Notre point de vue est que la fourniture sélective d’informations importantes n’est pas appropriée.
Lindsay Walton : Merci beaucoup. Tu avais quelque chose à ajouter, Wendy, ou… ?
Wendy Berman : Eh bien, je fais simplement confiance aux autorités canadiennes des valeurs mobilières pour être au courant de la situation et prendre les mesures qui s’imposent, si tel est le cas.
Lindsay Walton : Parlez-en à Delaney.
D’accord. Eh bien, j’essaie d’être à l’heure. Merci beaucoup à tous. Je tiens à remercier sincèrement les membres de la table ronde d’être ici. D’après mon expérience, cela n’arrive pas partout. La transparence et la nature collaborative du secteur financier au Canada sont vraiment uniques. Et merci beaucoup d’être ici et de continuer à travailler avec nous tous. Je vous en suis très reconnaissant.